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Tourisme chinois : comment Ai Shopping fait face à la crise ?

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- - leungchopan - Adobe Stock

Comme beaucoup de commerces, Li Liu, fondatrice et CEO de Ai Shopping, subit la crise du COVID-19. Avec une particularité supplémentaire : ses clients étant tous chinois, son entreprise est concernée depuis janvier 2020. Elle nous explique l’impact du coronavirus sur son business.

Ai Shopping est un service de guide shopping et d’e-shop qui prend la forme d’une application mobile. À destination des Chinois se rendant en France ou intéressés par le “made in France”, Li Liu sélectionne et propose les meilleurs produits du marché. Marques éco-responsables, bio, ou tendance, celles-ci sont mises en avant sur l’application. Ce concept sur-mesure, très dépendant du tourisme, vit de plein fouet la crise du coronavirus. Li Liu nous explique : “Il y a une façon de décrire la pandémie parmi la communauté chinoise. On dit que pour ce Covid-19, c’est la Chine qui a joué la première mi-temps. Le reste du monde joue la seconde. Mais nous, les Chinois d’outre-mer, nous jouons le match entier.” 

COVID-19 : une crise en deux temps pour les Chinois d’outre-mer

Il faut dire que Ai Shopping, comme tous ceux qui travaillent avec ou pour des Chinois, vivent la crise depuis le début de l’année. “L’impact s’est ressenti dès janvier. Dès que la Chine a été touchée. Et c’est en février/mars que tout s’est accentué, lorsque le virus a pris de l'ampleur en Europe” explique Li Liu. Pour Ai Shopping, la crise se décompose elle aussi en deux temps : “Nous avons une verticale communication digitale, pour laquelle nous travaillons avec des marques et des enseignes françaises, qui est axée B2B. Et nous avons une activité de e-commerce, de vente, directement aux particuliers chinois (B2C). L’impact a été différent sur les deux activités. C’est d’abord le e-commerce qui a été touché, dès janvier. Si ça commence à reprendre, depuis le mois de mars et le déconfinement en Chine, c’est la partie communication qui est à l’arrêt depuis fin février/début mars. Les annonceurs ont arrêté leurs campagnes et les touristes chinois ne viennent plus en France.” 

Mais alors comment faire vivre son activité lorsque la crise du COVID-19 limite la consommation des Chinois ? Ai Shopping a dû revoir toute sa communication. Le marketing publicitaire à fait place à un nouveau discours, centré sur l’humain et l’évolution de la crise. Li Liu explique : “Nous sommes sur tous les réseaux sociaux chinois. Nous ne pouvions pas simplement arrêter de communiquer. Surtout maintenant que l’épicentre de la pandémie s’est déplacé de la Chine à la France puis aux USA. Nous essayons de partager la situation que nous vivons en France et en Europe à notre communauté. L’approche est purement éditoriale”. 

Si Ai Shopping est principalement destiné aux touristes chinois, le service a élargi son champ d’action : “Désormais, on essaie de fournir des renseignements et des informations utiles pour notre communauté en France. En partageant par exemple les adresses des épiceries chinoises qui sont encore ouvertes.

Mais alors quel futur pour Ai Shopping ? Li Liu tient particulièrement à souligner les différentes aides de l'État, mises en place pour soutenir les TPE et PME : “elles sont très importantes pour nous, elle nous permettront de survivre à la crise. Je suis en contact avec des partenaires chinois qui n’ont pas les mêmes avantages. Là-bas, il y a moins d’aide pour les petites entreprises. Cela devrait faire la différence.

L’objectif dans les mois qui viennent pour Ai Shopping ? Ouvrir une cellule à Bordeaux avec le référencement de nouvelles enseignes, ainsi que la création d’un parcours dans le Sud de la France. Si la situation s’améliore rapidement Li Liu espère aussi pouvoir ouvrir une filiale en Chine, afin de mieux développer le e-commerce. 

En partenariat avec China Radio International