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Négociations commerciales: le gouvernement maintient la pression, les contrôles se multiplient

Le rayon yaourts d'un supermarché dans le nord de la France. (photo d'illustration)

Le rayon yaourts d'un supermarché dans le nord de la France. (photo d'illustration) - Charly Triballeau - AFP

Alors que les négociations commerciales entre industriels et distributeurs sont dans la dernière ligne droite, des désaccords profonds demeurent entre les différentes parties prenantes dans un contexte marqué par la flambée des prix des matières premières.

A douze jours de la fin des négociations commerciales annuelles, le gouvernement a prévenu mercredi qu'il continuerait à intensifier les contrôles pour tenter de sortir par le haut du bras de fer entre la grande distribution et ses fournisseurs, dont dépend le revenu des agriculteurs.

En effet, ces négociations qui détermineront les prix des produits vendus en supermarché (hors marques de distributeur) et la rémunération de tous les maillons de la chaîne alimentaire s'achèvent le 1er mars. Or "les difficultés persistent", résume un communiqué gouvernemental à l'issue mercredi du dernier comité de suivi des relations commerciales, réunissant les ministres de l'Agriculture Julien Denormandie et de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, ainsi que des représentants de la grande distribution, de l'industrie agroalimentaire et du monde agricole.

200 contrôles en 6 semaines

Le climat, rituellement tendu, est échauffé cette année par la flambée des matières premières que les producteurs veulent répercuter sur leurs prix de vente. Et cela met une nouvelle fois à l'épreuve l'ambition de la loi Alimentation (ou Egalim, promulguée en 2018) visant à rééquilibrer la répartition de la valeur entre les acteurs. "On est à 15 jours de la fin des négociations et la question est de savoir si les avancées [déjà obtenues] seront suffisantes pour permettre de l'inflation dans les secteurs qui en ont besoin", comme les pâtes, la viande ou les oeufs, a-t-on indiqué du côté des cabinets des ministres.

Ces derniers entendent continuer à manier "dialogue et contrôles" par les services de la répression des fraudes, a-t-on ajouté de même source. Selon le communiqué, les contrôles de la DGCCRF "sont plus précoces et plus ciblés cette année, avec notamment près de 200 contrôles en six semaines".

A l'assaut des supermarchés

Dans la journée, des agriculteurs ont également manifesté pour dénoncer une "distribution sourde et hors la loi" dans un Carrefour de Rennes et un Auchan près de Nantes, à l'appel des fédérations Bretagne et Pays-de-la-Loire du syndicat FNSEA et de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB). A Rennes, des oeufs ont été sortis des linéaires et distribués aux clients pour "impacter Carrefour" qui "refuse d'augmenter le prix d'achat pour rémunérer les éleveurs", a déclaré Frédéric Chartier, membre de l'UGPVB. Près de Nantes, une centaine de militants syndicaux ont aussi extrait des oeufs, brioches et pâtes des rayons pour les offrir devant l'entrée du magasin.

Depuis la précédente réunion au ministère fin janvier, il "y a des prises de conscience qui se sont faites" même si elles "ne s'incarnent pas complètement dans la capacité à ne pas 'déflater' [baisser les prix]", a déclaré Serge Papin, missionné par le ministère de l'Agriculture pour travailler sur "la répartition de la valeur". Malgré des indicateurs "au vert", les producteurs de lait "seront payés un peu moins cher, 2% précisément", a par exemple indiqué l'ancien patron de Système U, en dépit de contrats de revalorisation du prix du lait annoncés mardi par certains distributeurs.

"Ce qui est important, c'est que sur les produits frais agricoles, il y a généralement des augmentations de tarifs qui ont été signées", a souligné Jacques Creyssel, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), notant que les enseignes seraient prêtes à rouvrir les négociations "si les prix des matières premières réaugmentent".

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis avec AFP Journaliste BFM Eco