BFM Business

Malgré les retards de livraison, le gouvernement reste confiant sur le calendrier vaccinal

La ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher

La ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher - FRANCOIS LO PRESTI © 2019 AFP

Selon les informations de Reuters, AstraZeneca pourrait à son tour baisser ses livraisons de vaccins à l'Europe de 60% au premier trimestre. Pas de quoi perturber, pour autant, le calendrier vaccinal français, assure la ministre déléguée à l'industrie Agnès Pannier-Runacher.

Olivier Véran s'est-il un peu trop avancé en espérant la vaccination de la population entière d'ici à la fin de l'été? Si l'objectif d'un million de vaccinés fin janvier sera bien atteint, les difficultés rencontrées par certains laboratoires pourraient mettre à mal les prévisions du gouvernement.

Dernière mauvaise nouvelle en date, la baisse de livraison attendue du vaccin produit par le laboratoire britannique AstraZeneca à l'Europe. Selon Reuters, le nombre de doses sera en baisse de 60%, à 31 millions de doses, pour le premier trimestre.

L'Europe attendait pourtant beaucoup de ce vaccin, peu cher et facile et stocker, dont on attend encore l'autorisation sur le continent en février prochain. Les 27 de l'Union européenne ont commandé 300 millions de doses de ce vaccin, avec une option supplémentaire de 100 millions de doses.

Pas encore de quoi inquiéter la ministre déléguée à l'industrie Agnès Pannier-Runacher sur le calendrier vaccinal.

"La pénurie serait de ne pas avoir assez de doses pour vacciner les français" explique-t-elle ce samedi sur France Inter. "Les chaines de production montent en capacité" et "nous avons encore de nouveaux vaccins qui arrivent."

Néanmoins, la ministre préfère tabler sur le premier calendrier présenté par Olivier Véran devant la Commission des Lois du Sénat, jeudi dernier. Le ministre de la Santé n'évoquait pas encore 43 millions de personnes vaccinées mais "15 millions de personnes vaccinées avant l'été".

"Nous gérons des bonnes et des mauvaises nouvelles"

Un objectif bien plus prudent que préfère viser Agnès Pannier-Runacher. "Je suis raisonnablement confiante pour que cet objectif [de 15 millions de vaccinés, NDLR] soit dépassé" explique-t-elle.

Les déboires d'AstraZeneca s'ajoutent à la polémique sur la baisse de 20% des livraisons du vaccin développé par Pfizer et BioNTech à l'Europe. Actant que chaque fiole peut désormais être divisée en six doses (et non plus cinq), les deux laboratoires ont donc décidé de baisser le nombre de livraisons de fioles. "Evidemment, Pfizer compte en doses et son contrat est établi en nombre de dosse, c'est très classique" reconnait Agnès Pannier-Runacher.

"C'est parfaitement logique mais nous disons, ils peuvent produire un peu plus" indique-t-elle, rappelant que la France n'aura "pas de retards de livraison de doses de Pfizer".

Alors quels objectifs faut-il désormais viser? "Nous gérons des bonnes et des mauvaises nouvelles" conclut la ministre. Et dans cette balance, les prévisions sont forcément compliquées à faire.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business