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Pourquoi le vaccin d'AstraZeneca est-il si important pour l'économie mondiale?

Photo fournie par l'université d'Oxford le 23 novembre 2020 d'un employé travaillant sur le vaccin développé avec Vaccitech et AstraZeneca

Photo fournie par l'université d'Oxford le 23 novembre 2020 d'un employé travaillant sur le vaccin développé avec Vaccitech et AstraZeneca - John Cairns © 2019 AFP

Le vaccin développé par le laboratoire britannique en collaboration avec l'université d'Oxford est particulièrement attendu dans le monde entier, mais affiche des retards d'homologation.

Dans la lutte contre le Covid, la prime est au premier arrivé. Et à ce petit jeu, Pfizer a dégainé avant les autres en affichant une efficacité à hauteur de 90% début novembre, juste avant Moderna et son taux d'efficacité de 94,5%. Le premier vaccin est désormais largement déployé dans le monde et l'Union européenne a levé une option pour en obtenir 300 millions de doses. Quant au deuxième, il devrait aussi obtenir début janvier le feu de Bruxelles pour fournir les Etats-membres.

Puis vint AstraZeneca. Pressé par le temps? Le laboratoire a affiché des résultats paradoxaux fin novembre: une efficacité en grand écart, entre 62% et 90% selon le protocole utilisé. Surtout, le laboratoire ne semblait pas en mesure d'expliquer cette divergence de résultats.

Un mois plus tard, le patron français du groupe a tenu à rassurer:

"Nous pensons que nous avons trouvé la formule gagnante et comment arriver à une efficacité qui, avec deux doses, est élevée comme celle des autres", a déclaré le directeur général Pascal Soriot dans le Sunday Times.

Quelques jours après, il obtenait le précieux sésame des régulateurs britanniques.

Mais contrairement à Pfizer et bientôt Moderna, son arrivée en France et aux Etats-Unis attendra. "AstraZeneca n'a encore fourni que les données relatives à leurs essais cliniques à l'Agence européenne des médicaments", expliquait en début de semaine Noël Wathion, directeur exécutif adjoint de l'Agence européenne des médicaments au journal belge Het Nieuwsblad. "Ils n'ont même pas encore déposé de demande." Aux Etats-Unis, le laboratoire table sur une homologation en avril.

Pourtant, ce vaccin est une priorité pour le monde entier. Contrairement à Pfizer et Moderna, il n'utilise pas la technique de l'ARN messager mais un virus incapable de se répliquer qui déclenche une réaction immunitaire. Principal avantage: le vaccin peut être conservé plusieurs mois dans un réfrigérateur et non à des température polaires (-70 degrés) pour les premiers vaccins en circulation. Pour le stock, le transport et la distribution, c'est un atout majeur. De la même façon, son coût de production est bien inférieur: 2,50 euros la dose, soit cinq fois moins que les concurrents à ARN messager. Enfin, ce type de vaccin est plus facile à produire à grande quantité.

A prix coûtant

Ces propriétés en font le candidat idéal pour les pays en voie de développement. L'Inde a d'ailleurs fait le choix du laboratoire britannique pour se fournir en centaines de millions de doses. Et la troisième puissance mondiale ne sera pas la seule, AstraZeneca est le seul groupe à distribuer son vaccin à prix coûtant. "On a une optique et un objectif d'accès au plus grand nombre, au plus bas prix", expliquait en juin dernier Olivier Nataf, président d'AstraZeneca France à Franceinfo.

Alors que les pays riches ont réservé la moitié des futures doses, le vaccin britannique sera donc vital pour les pays en développement. Et donc pour une relance de l'économie mondiale…

Thomas Leroy Journaliste BFM Business