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Libra de Facebook: la France refuse son développement "sur le sol européen"

Bruno Le Maire, le Ministre de l'Economie.

Bruno Le Maire, le Ministre de l'Economie. - Marco BERTORELLO / AFP

A l'ouverture d'une conférence de l'OCDE, Bruno Le Maire a annoncé que la France refusait d'autoriser le développement du Libra "sur le sol européen". Pour le Ministre de l'Economie, "la souveraineté monétaire des Etats est en jeu".

Après un premier accueil froid, un avis glacial. Ce 12 septembre, à l'ouverture d'une conférence de l'OCDE consacrée aux défis des cryptomonnaies, Bruno Le Maire a adopté une posture intransigeante face à la cryptomonnaie de Facebook, dévoilée en juin. Pour le ministre de l'Economie, l'équation est simple: hors de question qu'un tel projet puisse voir le jour "sur le sol européen". Facebook envisageait pourtant de lancer son Libra dès 2020.

"Je veux le dire avec beaucoup de clarté: dans ces conditions, nous ne pouvons pas autoriser le développement de la Libra sur le sol européen", a affirmé le ministre. A ses yeux, "la souveraineté monétaire des Etats est en jeu".

Une "monnaie numérique publique"

Dans une interview parue dans La Croix le 6 septembre, et avant de prendre position contre le projet de Facebook, Bruno Le Maire avait esquissé une première riposte au Libra. Il avançait la possibilité de lancer une cryptomonnaie "publique", émise par les banques centrales. 

"Je propose que nous engagions une réflexion sur une monnaie numérique publique émise par les banques centrales qui garantirait la sécurité totale des transactions, leur rapidité, leur simplicité et leur gratuité. Nous pourrions avancer dans cette voie lors des prochaines assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale en octobre", avait-il alors indiqué, sans fournir de précisions supplémentaires au sujet de ce projet.

Pour rappel, les cryptomonnaies sont des monnaies numériques, sécurisées et a priori décentralisées. Leur cours ne dépend en théorie d'aucune banque ni d'aucun gouvernement. Celui du bitcoin, la plus connue d'entre elles, varie par exemple en fonction de l'offre et de la demande, et également du nombre de bitcoins en circulation.

Celui du Libra, en revanche, serait stable et adossé à un panier de devises. N'en reste pas moins que la future cryptomonnaie de Facebook est perçue comme une menace pour la souveraineté nationale des Etats. Le plus large réseau social au monde peut en effet se vanter d'une base de plus deux milliards d'utilisateurs. "Toute défaillance dans le fonctionnement de cette monnaie, dans la gestion de ses réserves pourrait créer des désordres financiers considérables", en a donc déduit Bruno Le Maire.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech