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Les secteurs en tension font appel à des travailleurs étrangers pour combler leurs besoins en main d'œuvre saisonnière

En proie à d'importantes difficultés de recrutement, certains secteurs comme l'agriculture ou l'hôtellerie-restauration choisissent d'employer des travailleurs saisonniers étrangers dont un grand nombre en provenance du Maghreb.

Pour un nombre croissant d'employeurs en recherche de main d'oeuvre saisonnière, la solution vient désormais de l'étranger. En une décennie, le recours à cette alternative a explosé. D’après les chiffres du ministère de l’Intérieur et de la Direction générale des étrangers en France (DGEF), seulement un millier et quelques de titres de séjour étaient accordés à des travailleurs saisonniers étrangers il y a dix ans. Ce nombre a progressivement grimpé pour dépasser la barre des 5000 lors de la dernière année pré-pandémique, en 2019.

Force est de constater que le premier exercice saisonnier post-Covid est l'occasion d'une explosion de la pratique. Sur plus de 25.000 demandes d'autorisations pour des emplois saisonniers déposées depuis le 1er janvier dernier, pas moins de 22.000 ont ainsi été acceptées, peut-on lire dans Le Figaro.

Une procédure de demande d'autorisation de travail simplifiée

Deux facteurs en particuliers expliquent cette augmentation du recours aux travailleurs saisonniers étrangers : d'une part, les difficultés de recrutement accrues au sein de plusieurs secteurs d'activité dans le sillage de la pandémie et d'autre part, la récente réforme de l'immigration professionnelle.

Concernant ce deuxième point, la dématérialisation de la procédure de demande d'autorisation de travail l'a simplifiée et s'est traduite par une réduction sensible des délais de traitement de plusieurs mois à quelques jours selon le ministère de l'Intérieur cité par Le Figaro.

Hausse à venir du nombre de travailleurs tunisiens dans les hôtels et restaurants

Cette amélioration du dispositif profite à des secteurs d'activités victimes d'un déficit d'attractivité structurelle comme l'agriculture ou encore l'hôtellerie-restauration qui peine à recruter en cette sortie du crise du Covid.

De l'autre côté de l'opération, ce sont les candidats venus d'Afrique du Nord qui tirent leur épingle du jeu grâce à des accords binationaux. Les travailleurs de nationalité marocaine représentent ainsi trois demandes d'autorisations d'emplois saisonniers acceptées sur quatre cette année.

La main-d'oeuvre tunisienne pourrait occuper une part plus conséquente dans les prochains mois. En effet, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) planche sur un accord avec ce pays pour permettre le recrutement de pas moins de 2000 travailleurs étrangers l'année prochaine.

Timothée Talbi