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Les retards de paiement des PME françaises ont bondi

Beaucoup de PME "ont totalement bloqué le paiement de leurs factures" depuis mars, a déclaré Denis Le Bossé, président d'ARC, cabinet spécialisé dans le recouvrement de créance.

Beaucoup de PME "ont totalement bloqué le paiement de leurs factures" depuis mars, a déclaré Denis Le Bossé, président d'ARC, cabinet spécialisé dans le recouvrement de créance. - Jose Torres

Le retard moyen de paiement est passé de 10 à 13 jours entre 2019 et 2020. Celui des PME a bondi de 10,9 à 18,6 jours, selon l'enquête annuelle réalisée auprès de 500 entreprises de plus de 50 salariés par l'institut Ifop pour ARC, en septembre.

Les délais de paiement se sont allongés avec la crise sanitaire à cause d'une très forte hausse de ceux des PME. Le retard moyen de paiement est passé de 10 à 13 jours entre 2019 et 2020, mais celui des PME a bondi de 10,9 à 18,6 jours, selon l'enquête annuelle réalisée auprès de 500 entreprises de plus de 50 salariés du 1er au 18 septembre par l'institut Ifop pour ARC.

Beaucoup de PME "ont totalement bloqué le paiement de leurs factures" depuis mars, a déclaré Denis Le Bossé, président de ce cabinet spécialisé dans le recouvrement de créances. Il rapporte avoir souvent entendu: "nos collaborateurs sont en télétravail, on ne peut pas enregistrer, on ne peut réaliser ni payer les factures".

Les prêts garantis par l'État soulagent la trésorerie

Grâce aux prêts garantis par l'État (PGE), beaucoup d'entreprises ont pourtant "une trésorerie suffisante", affirme-t-il. Aussi, pour remédier à un problème qui menace la survie des entreprises les plus fragiles, 84% des sociétés sont favorables à la création d'une notation "délais de paiement" pour connaître le comportement de leur futur partenaire, selon l'étude.

"On est dans un rapport de force mais qui n'est pas, comme on l'entend souvent, celui des grandes entreprises vis-à-vis des petites, mais qui s'étend à deux PME ou même à deux TPE" entre elles, d'après le dirigeant d'ARC, commanditaire de l'étude.

Seule 1 entreprise sur 5 réclame des frais de relance

Seule une entreprise sur cinq ose ainsi réclamer les frais de relance prévus en cas de retard de paiement, le plus souvent "par crainte de détériorer la relation commerciale".

Les grands groupes se démarquent toutefois avec un retard moyen de paiement passé de 8,9 jours l'an passé à 8,1 jours cette année. Ce sont les délais de paiement de ces groupes vis-à-vis des PME sous-traitantes qui se sont raccourcis de deux jours, tandis que les retards entre grandes entreprises se sont allongés de plus de trois jours.

Enfin, le comportement du secteur public n'a pas changé avec la crise, selon l'enquête, avec 55% des entreprises qui refusent de répondre à des appels d'offres par crainte d'impayés ou de délais de paiement trop longs.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé avec AFP Journaliste BFM Éco