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Les retards de paiement "tuent 30 à 40 entreprises par jour", selon le médiateur des entreprises

Sur BFM Business, Pierre Pelouzet, médiateur national des entreprises, ointe les conséquences des retards de paiement qui causeraient 25% des défaillances.

"La situation économique s'améliore mais qui dit plus de business, dit plus de factures et donc plus de retards de paiement, c'est mécanique!" C'est l'alerte lancée ce lundi par Pierre Pelouzet, médiateur national des entreprises, sur BFM Business.

La trésorerie c'est le nerf de la guerre, c'est grâce à celà qu'une entreprise survit ou pas. Le montant de ces 'crédits inter-entreprises' s'élève à 700 milliards d'euros, c'est la masse numéro 1 de la trésorerie des entreprises", poursuit Pierre Pelouzet.

Pierre Pelouzet rappelle que ce "fléau" est à l'origine de "25% des défaillances, soit 30 à 40 entreprises en faillite chaque jour". Pour endiguer ce phénomène, Il propose de réduire le taux moyen de retard à 10 jours contre 11,5 jours. "Ce serait idéal", estime-t-il.

"On tue peut-être une entreprise"

Avec la crise sanitaire, Pierre Pelouzet dit avoir fait face à un "tsunami de médiations". Les saisines ont été multipliées par dix "en quelques jours dont la moitié sur des retards de paiement". "Pour faire face à cette vague, un comité de crise a été créé avec les entreprises de l'Afep, le Medef, la CPME et les chambres de commerce et des métiers.

"On a appelé toutes les grandes entreprises et les ETI qui ont des comportements qualifiés d'anormaux pour les ramener dans le droit chemin", a annoncé le médiateur. La vague a diminué pendant l'été mais on sent qu'avec la reprise ça se détériore à nouveau".

Pierre Pelouzet rappelle que les sanctions contre les mauvais payeurs peuvent aller jusqu'à 2 millions d'euros. "Il y a aussi le "name and shame" qui consiste à publier les noms". Mais selon lui, il s'agit de faire comprendre qu'avec une "facture gardée sous le coude, on tue peut-être une entreprise".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco