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Les régions frontalières sont déçues de devoir attendre le 15 juin pour voir se rouvrir les frontières

En Alsace, la présidente (LR) du Haut-Rhin plaide pour une réouverture immédiate des frontières avec l'Allemagne et la Suisse sans attendre le 15 juin. Pour cette zone comme pour le pays basque français, proche de l'Espagne, les freins actuels au tourisme et au commerce frontaliers, pénalisent la relance économique.

"Il y a quelque chose que je ne comprends pas, c'est la fermeture des frontières qui restent fermées jusqu'au 15 juin. Ceci nous pénalise vraiment beaucoup ici en Alsace pour la relance de l'économie puisque l'économie alsacienne est très liée à l'Allemagne et à la Suisse" expliquait hier soir sur l'antenne de BFMTV, Brigitte Klinkert, présidente (LR) du département du Haut-Rhin. L'élue réagissait aux mesures de la phase 2 du déconfinement, présentées par le Premier ministre, hier jeudi 28 mai, en fin de journée.

"La France est "favorable" à la réouverture des frontières intérieures de l'Europe à compter du 15 juin, "sans quatorzaine" pour les voyageurs, a notamment précisé Édouard Philippe. Le chef du gouvernement a expliqué que "certains pays" européens "ont choisi avant d'autres de rouvrir leurs frontières" internes, mais "nous prenons nos décisions à notre rythme et nous avons considéré que le bon moment pour qu'on puisse accéder à notre territoire national, ce sera le 15 juin". 

"J'appelle à la réouverture immédiate de la frontière franco-allemande"

À l'intérieur de l'espace européen, "à partir du 15 juin, nous souhaitons que la circulation entre la France et l'Allemagne puisse revenir totalement à la normale", avait ajouté le ministre de l'intérieur Christophe Castaner, auditionné par l'Assemblée parlementaire franco-allemande, avec son homologue Horts Seehofer.

Mais, cette date de la mi-juin ne satisfait pas du tout l'élue alsacienne. "J'appelle de mes voeux la réouverture des frontières avec ces deux pays avant le 15 juin et même une réouverture immédiate pour permettre à l'économie de reprendre" a ajouté la présidente du conseil départemental du Haut-Rhin.

Dans une lettre adressée il y a quelques jours au Premier ministre, 3 élues alsacienne dont la présidente (LR) du Haut-Rhin, expliquent que "les restrictions qui demeurent aux frontières aggravent les conséquences économiques et sociales de la crise qui se profile" ajoutant que" le tourisme et le commerce transfrontalier entre l'Alsace, le Bade-Wurtemberg (en Allemagne, NDLR) et la Suisse de Nord-Ouest. La levée de toutes les restrictions devient ainsi un enjeu pour l'économie locale."

Incompréhension devant la résurgence d'une frontière

En effet si les travailleurs frontaliers et les routiers transportant les marchandises peuvent circuler entre l'Alsace, l'Allemagne, les restrictions à la circulation aux frontières pénalisent le tourisme et le commerce de ces zones devenues de véritables "bassin de vie", habitués à l'abolition des frontières appliquée à l'intérieur de l'espace Schengen et à la libre circulation.

Une autre zone frontalière, située entre la France et l'Espagne, du côté du littoral Atlantique, au pays basque, souffre des mêmes maux. "La résurgence d’une frontière là où elle avait disparu depuis l’adhésion de l’Espagne à l’espace Schengen, au début des années 1990, suscite l’incompréhension et le désarroi de nombreux frontaliers" explique le quotidien Le Monde.

Le maintien de la circulation des travailleurs frontaliers entre la France et l'Espagne est loin de satisfaire des situations et des échanges commerciaux très étroits qui se sont multipliés dans ce zone où vivent, de chaque côté du fleuve-frontière Bidassoa, 100.000 habitants, formant une communauté urbaine transfrontalière Bidasoa-Txingudi, unique en Europe. Les commerces côté espagnol ont notamment perdu une très grande partie de la clientèle française qui traverse quotidiennement la frontière pour acheter des produits (essence, cigarette) habituellement moins chers qu'en France.

La fermeture des frontières au sein de l'espace Schengen en Europe a aussi suscité des réactions mitigées dans la majorité LREM à l'Assemblée nationale. Plusieurs députés élus dans des circonscriptions des Français de l'étranger ont appelé à lever les restrictions aux frontières internes de l'Europe. "La fermeture des frontières en Europe ne peut pas devenir la nouvelle norme chaque fois qu'il y a une crise", écrivaient-ils au ministre de l'Intérieur le 9 mai.

Frédéric Bergé