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Légumes surgelés et en conserve: mauvaises récoltes et hausse des coûts inquiètent les producteurs

Des légumes surgelés (photo d'illustration).

Des légumes surgelés (photo d'illustration). - Pixabay License

Des récoltes insuffisantes et une forte hausse des coûts liée à la crise sanitaire pénalisent la production de légumes pour les conserves ou les surgelés.

Déjà plébiscités par les Français, la popularité des légumes en conserve et surgelés s'est confirmée depuis le début de la crise sanitaire. Après une année 2020 marquée par une très forte hausse, en raison des confinements successifs, les ventes sont aujourd'hui encore supérieures à celles enregistrées avant la crise, pour les conserves (+0,5% en novembre 2021 sur 12 mois par rapport à la même période en 2019) comme les surgelés (+7%), selon les chiffres de l'Union nationale interprofessionnelle des légumes transformés (Unilet).

Haricots verts, flageolets, petits pois, carottes, épinards, choux-fleurs, brocolis… Déjà préparés, faciles à stocker, peu transformés et disponibles 365 jours par an, les légumes en conserve et surgelés cochent toutes les cases et séduisent les consommateurs. Une bonne nouvelle… s'il y en a assez pour tout le monde. Car la filière s'inquiète pour l'année à venir: mauvaises récoltes et crise sanitaire pèsent sur la production et la transformation.

Moins de rendements

La succession du gel d'avril, de l'été maussade et des pluies au moment de la récolte ont en effet amputé les rendements attendus. Mais ce n'est pas qu'une question de météo: la production de légumes est aussi concurrencée par d'autres productions moins risquées et plus rémunératrices, comme le blé tendre ou le colza. Résultat, cette année, la récolte est inférieure de 6% pour les pois et de 5% pour les haricots par rapport aux volumes contractualisés avec les entreprises de transformation en début de saison. Un manque qui s'ajoute à celui déjà constaté en 2020 (-14% et -11%).

Et les incertitudes sont encore nombreuses pour l'année prochaine, s'inquiète l'Unilet, qui craint une perte de productivité et de rentabilité. La flambée du prix des engrais pénalise les producteurs, tandis que les entreprises de transformation doivent jongler avec la hausse des coûts de production et celle de l'énergie - le prix de l'acier a grimpé de 75% depuis le début de l'année. À quoi il faut ajouter l'augmentation significative des coûts de transport et des difficultés de recrutement.

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV