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Le successeur du Rafale coûtera 5 à 8 fois plus cher à développer

En 2019, lors du Salon du Bourget, Emmanuel Macron a dévoilé une maquette Système de Combat Aérien Futur (Scaf).

En 2019, lors du Salon du Bourget, Emmanuel Macron a dévoilé une maquette Système de Combat Aérien Futur (Scaf). - Eric Piermont

Selon un rapport sénatorial, le système de combat aérien du futur (Scaf) que prépare la France avec l'Allemagne et l'Espagne pourrait coûter jusqu'à 80 milliards d'euros.

Le système de combat aérien du futur (Scaf) atteindra une vitesse supersonique, mais son coût devrait être astronomique. La commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées présidée par Christian Cambon (LR), a présenté un rapport d’information sur le Scaf.

Présenté par Hélène Conway-Mouret (PS) et Ronan Le Gleut (LR), il estime le budget nécessaire entre 50 et 80 milliards d'euros. Le montant est pharamineux. Selon Ronan Le Gleut, il représente "cinq à huit fois" plus que celui du programme Rafale.

Mais, le Scaf n'est pas un simple avion. Il se compose d’un avion de combat furtif collaborant avec un ensemble d’armements de nouvelle génération et d'un essaim de drones.

L'ensemble de ce dispositif de combat est interconnecté par un "cloud" de combat et connecté à des avions de chasse, des satellites, des systèmes de l'OTAN et des systèmes de combat terrestres et navals.

Un "contrat-cadre global" dès 2021

Dans leur rapport, les sénateurs insistent sur ce dispositif élaboré doté d'une intelligence artificielle capable de détecter et de répondre à toutes menaces terrestre, maritime ou aérienne. Le Scaf sera opérationnel en 2040 pour remplacer à terme les Rafale et les Eurofighter et concurrencer le programme Tempest des Britanniques. Un démonstrateur est prévu pour 2026.

Pour les sénateurs, ce projet doit être "irréversible". Le message s'adresse notamment à Berlin où ce projet ne serait pas considéré comme prioritaire par des élus. Afin d'éviter des blocages lors des votes au Bundestag qui valident les étapes du projet, les sénateurs proposent de conclure dès 2021 un "contrat-cadre global" pour empêcher tous les partenaires de remettre en cause le programme.

Attirer d'autres pays

Cette collaboration franco-allemande est d'autant plus nécessaire qu'au vu du montant, le partenariat avec l'Allemagne est indispensable.

Jusqu'en 2025, la France et l'Allemagne partageront le budget nécessaire, soit 4 milliards d'euros, avec 2,5 milliards pour la France et 1,5 milliard pour l'Allemagne. La répartition sera ensuite à 50/50, puis sera revue avec la collaboration avec l'Espagne.

Il y a un an, lors du Salon du Bourget, Florence Parly, ministre des Armées, évoquait de placer le programme dans le cadre de l'Organisme conjoint de coopération en matière d'armement (OCCAR, France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie et Belgique). 

"Cela aura d'autant plus de sens que le nombre de pays augmenterait", indiquait à l'époque l'entourage de Florence Parly ajoutant que "d'autres pays ont manifesté leur intérêt" pour le programme.

Dans leur rapport, Hélène Conway-Mouret et Ronan Le Gleut préconisent d’attendre le lancement du démonstrateur en 2026 avant de faire entrer d'autres pays dans le projet.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco