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Le Premier ministre au chevet de la viticulture française, fragilisée par la crise sanitaire

Au total, les viticulteurs estiment que la crise sanitaire a engendré un manque à gagner d'au moins 1,5 milliard d'euros en raison de la mise à l'arrêt des bars, restaurants, rassemblement festifs et du tourisme.

Au total, les viticulteurs estiment que la crise sanitaire a engendré un manque à gagner d'au moins 1,5 milliard d'euros en raison de la mise à l'arrêt des bars, restaurants, rassemblement festifs et du tourisme. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT © 2019 AFP

Jean Castex se rend ce mercredi sur les terres viticoles du Cher pour y présenter un renforcement des aides financières en faveur d'une filière durement touchée par la crise du coronavirus et dans l'attente d'un geste à l'heure des vendanges.

La viticulture française attend beaucoup du discours du Premier ministre Jean Castex, qui doit présenter ce mercredi un renforcement des mesures de soutien financier à cette filière durement affectée par les conséquences de la pandémie.

Au total, les viticulteurs estiment que la crise sanitaire a engendré un manque à gagner d'au moins 1,5 milliard d'euros en raison de la mise à l'arrêt des bars, restaurants, rassemblement festifs et du tourisme.

Un premier plan de soutien de 170 millions d'euros

Alors que le gouvernement, à l'époque dirigé par Edouard Philippe, avait accordé en mai une première enveloppe de 170 millions d'euros au secteur (dont 155 millions pour financer la distillation des excédents de vin), la viticulture française espère un coup de pouce supplémentaire.

Accompagné du ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, Jean Castex doit d'abord visiter une exploitation bio à Menetou-Salon, au nord-est de Bourges, avant de se rendre à la maison des vins de Sancerre, à la rencontre de professionnels locaux. Il doit s'y exprimer à la mi-journée.

La dépendance à la restauration et au tourisme

"Globalement l'agro-alimentaire a été moins impacté que d'autres par le Covid (...) mais cela cache des différences importantes selon les secteurs", explique Matignon, en soulignant que la viticulture, "dépendante de la restauration" et soumise à une reprise de l'activité touristique "hétérogène", figure parmi les plus touchés.

Dans le même temps, "il y a eu aussi une contraction assez forte des échanges commerciaux", alors que la France "exporte entre 30 et 40% de sa production", pointe Matignon. Et à la crise du coronavirus s'ajoute l'effet des sanctions américaines prononcées fin 2019 sur les vins de moins de 14 degrés (hors vins à bulles), en représailles à un différend commercial entre Airbus et Boeing.

La filière viticole attend un doublement des aides déjà accordées

"On ne peut pas laisser un secteur économique qui rapporte autant à la balance commerciale française au bord de la route", plaide Jerôme Despey, secrétaire général de la FNSEA et viticulteur dans l'Hérault.

Selon lui, la filière viticole française a un besoin de doublement des aides accordées jusqu'à présent (européennes et nationales) pour faire face à la crise.

F.B avec AFP