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La demande de distillation de vin en excédent dépasse les aides publiques allouées

Le dispositif, permis par Bruxelles et financé sur fonds européens, subventionne la transformation des vins invendus en alcool qui servira dans la fabrication de bioéthanol, de parfums ou de gel hydroalcoolique.

Le dispositif, permis par Bruxelles et financé sur fonds européens, subventionne la transformation des vins invendus en alcool qui servira dans la fabrication de bioéthanol, de parfums ou de gel hydroalcoolique. - Geroges Gobet- AFP

Les fonds débloqués pour subventionner l'élimination des excédents de vin causés par la crise sanitaire ne permettent de satisfaire que 58% des demandes avant la prochaine vendange, indique l'organisme FranceAgriMer.

Confrontés à une crise historique due à la chute de la consommation de vin durant le confinement et à la baisse des exportations notamment vers les Etats-Unis, les professionnels avaient estimé les besoins en distillation à trois millions d'hectolitres de vin en excédent. Et les demandes des viticulteurs ont même, à ce jour, légèrement dépassé cette estimation.

5000 viticulteurs ont demandé à transformer 3,3 millions d'hectolitres de vin

"A peu près 5000" viticulteurs ou négociants ont demandé à transformer environ 3,3 millions d'hectolitres de vin en alcool industriel pour faire de la place dans leurs caves, a détaillé Didier Josso, le délégué pour les filières viticole et cidricole de l'organisme semi-public.

Ce dispositif, autorisé par Bruxelles et financé sur fonds européens, subventionne la transformation des vins invendus en alcool qui servira dans la fabrication de bioéthanol, de parfums ou de gel hydroalcoolique.

L'aide publique a été fixé à 155 millions d'euros

Ces demandes excèdent largement le dispositif d'aide publique de 155 millions d'euros alloué à la distillation, en mesure de couvrir environ deux millions d'hectolitres, à raison de 78 euros d'indemnisation pour un hectolitre de vin sous appellation et 58 euros/hl pour un vin sans indication géographique.

La filière viticole a renouvelé sa demande de rallonge "de manière à satisfaire les besoins exprimés", a souligné Didier Josso. Le remaniement du début de semaine, qui a entériné l'arrivée de Julien Denormandie à la tête du ministère de l'Agriculture, "induit évidemment un petit retard dans les arbitrages qui pourraient intervenir sur une enveloppe complémentaire", a-t-il relevé.

En attendant, 58,33% des volumes d'excédent de vins éligibles aux aides peuvent être distillés, a-t-il précisé. Déjà pénalisés depuis l'automne par les taxes imposées par les Etats-Unis dans le cadre d'un contentieux sur l'aéronautique, les viticulteurs estimaient récemment que la crise sanitaire avait engendré un manque à gagner d'"au moins 1,5 milliard d'euros" en raison de la mise à l'arrêt des bars, restaurants, rassemblement festifs et du tourisme. Le gouvernement avait annoncé en mai 170 millions d'euros de mesures globales de "soutien exceptionnelles et spécifiques au secteur", principalement sous forme d'aide à la distillation.

F.B avec AFP