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Le Mirage F1 prêt à décoller pour entraîner les pilotes américains de F-35

Des Mirage F1 vont "affronter" des chasseurs F-35

Des Mirage F1 vont "affronter" des chasseurs F-35 - Atac

Une entreprise américaine a acheté 63 Mirage F1 réformés pour entraîner les pilotes de F-35 de l'US Air Force et de l'US Navy. Un dizaine sont déjà aptes au combat.

Les Mirage F1 sortis des rangs en 2014 vont reprendre du service après 40 ans de bons et loyaux services. Ce pourrait être le scénario d'un film américain, mais c'est la réalité.

En 2017, la société américaine Atac (Airborne Tactical Advantage Company, une filiale de Textron) a racheté 63 appareils français réformés pour former les pilotes et contrôleurs américains de F-35 lors de combats aériens. Ce contrats comprenait aussi plus de 100 moteurs Snecma Atar 9K-50.

Ce lot, livré sur la base de Fort Worth (Texas), doit permettre au final de reconstruire 40 appareils aptes à reprendre les airs. Le but est d'en faire des "plastron". Ce jargon militaire désigne ce qu'on pourrait appeler des sparring partners en boxe, soit des avions destinés à entraîner des pilotes sur d'autres appareils, en l'occurence des F-35.

Le Mirage F1B du défilé du 14 juillet 2014

Sur les 63 appareils, Atac compte remettre en état une quararantaine. Et il y a quelques jours, dix ont reçu un certificat de navigabilité de la Federal Aviation Administration (FAA) et cinq autres ont été certifiés par l’US Navy.

Parmis ce dix appareil, un F1B (biplace) reconnaissable entre tous. Il porte encore les couleurs rouge et bleu qu'il affichait le le 14 juillet 2014 en survolant les Champs-Élysées. Il a été breveté après un vol de 30 minutes.

L'armée américaine achète des Mirage F1 pour entraîner les pilotes de F-35
L'armée américaine achète des Mirage F1 pour entraîner les pilotes de F-35 © Atac

Dans un tweet, les ingénieurs d'Atax partagent leur admiration pour le soin avec lequel l'armée française a entretenu ces appareils depuis leur retrait.

"Nous sommes impressionnés (...) par le soin que l'Armée de l'Air a apporté à l'entretien de ces beaux appareils. Nous remercions les militaires français qui ont entretenu et piloté le Mirage F1!", exprime Atac.

Le message d'Atac ne s'adresse pas seulement à l'armée de l'Air. Il vise surtout son concurrent, Draken, qui a acheté en 2017 22 Mirage F1 à l'Espagne. Mais à ce jour, aucun n'a encore décollé.

Cette ruée sur les Mirage F1 de Dassault n'est pas le fruit du hasard. Elle répond à un appel d'offre de 6,4 milliards de dollars sur 5 ans du Pentagone pour fournir des plastron à une douzaine de bases.

Sur sept spécialistes, trois ont été sélectionnés pour la première étape de ce marché: Atac, Draken International et Tactical Air support (TacAir). Ils devront livrer des appareils dans 5 bases aériennes américaines.

Les premiers F1 opérationnels partiront d'abord sur deux bases vient d'annoncer Atac: Holloman Air Force Base (Nouveau-Mexique) et Luke AFB (Arizona). Dès cet autonme, ils donneront du fil à retordre à des F-16 et des F-35 de 4e génération.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco