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Le G20 se penche sur la reprise économique post-Covid

Le gouverneur de la Banque centrale d'Arabie Saoudite, Ahmed Alkholife, lors d'une réunion du G20 en février 2020.

Le gouverneur de la Banque centrale d'Arabie Saoudite, Ahmed Alkholife, lors d'une réunion du G20 en février 2020. - FAYEZ NURELDINE / AFP

Ces discussions entre les vingt pays les plus industrialisés du monde ont lieu alors que la pandémie continue de frapper un peu partout, notamment aux Etats-Unis, au Brésil, au Mexique ou en Inde.

Les ministres des Finances et chefs des banques centrales des pays du G20 ont commencé samedi une réunion virtuelle sur la reprise de l'économie mondiale, gravement affectée par le coronavirus, au milieu d'appels à l'allègement de la dette des pays pauvres.

Ces discussions entre les vingt pays les plus industrialisés du monde ont lieu alors que la pandémie continue de frapper un peu partout, notamment chez plusieurs membres de ce forum comme les Etats-Unis, le Brésil, le Mexique ou l'Inde.

Dans ce contexte, des ONG mettent en garde le G20 -présidé cette année par l'Arabie saoudite- contre la menace d'une crise de la dette dans les pays les plus pauvres.

Les responsables "discuteront des perspectives économiques mondiales et coordonneront l'action collective pour une reprise économique mondiale solide et durable", ont indiqué dans un communiqué les organisateurs à Ryad, en amont de la réunion.

Signe que le virus est encore bien menaçant, les discussions, présidées par le ministre saoudien des Finances Mohammed al-Jadaan et le gouverneur de la banque centrale saoudienne Ahmed al-Kholifey ont lieu de façon virtuelle.

"Catastrophe imminente"

Le Fonds monétaire international (FMI) a averti que l'économie mondiale, malgré certains signes de reprise, était confrontée à des vents contraires, notamment la possibilité d'une seconde vague de la pandémie.

"Nous ne sommes pas encore sortis d'affaire", a prévenu sa directrice générale Kristalina Georgieva dans un message aux ministres des Finances du G20, soulignant que la pandémie risquait d'accroître la pauvreté et les inégalités.

En révisant à la baisse ses prévisions de croissance, le FMI a annoncé en juin qu'il s'attendait à un PIB mondial en baisse de 4,9% en 2020 en raison d'une contraction plus importante que prévu pendant les périodes de confinement.

Les 11.000 milliards de dollars (environ 9600 milliards d'euros) dépensés par les gouvernements du G20 en aide aux ménages et aux entreprises ont permis d'éviter une détérioration de la situation, mais "ces filets de sécurité doivent être maintenus (...), dans certains cas, étendus", a estimé Kristalina Georgieva.

Les pays du G20 ont annoncé en avril un moratoire d'un an sur la dette des pays les plus pauvres, une mesure jugée insuffisante par des ONG.

A ce jour, 41 des 73 pays les plus pauvres ont demandé à bénéficier de cette initiative, ce qui leur permettra d'économiser jusqu'à 9 milliards de dollars en 2020, ont indiqué les organisations Oxfam, Christian Aid et Global Justice Now dans un rapport publié jeudi.

Mais ces 73 pays doivent encore rembourser jusqu'à 33,7 milliards de dollars d'ici fin 2020, selon elles.

"Les ministres des Finances du G20 ont la mission d'éviter une catastrophe imminente pour des centaines de millions de personnes", a déclaré Chema Vera, directrice exécutive par intérim d'Oxfam, appelant à rendre l'initiative du G20 "juridiquement contraignante" jusqu'à fin 2022.

"Fonds de solidarité"

Amnesty International a appelé le G20 à "annuler la dette des pays les plus pauvres pendant au moins les deux prochaines années".

"Si nous voulons renforcer la résilience face aux crises futures, nous devons procéder à des changements structurels à long terme qui exigeront du courage", a déclaré Julie Verhaar, secrétaire générale par intérim de l'ONG.

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire a indiqué vendredi que la France allait demander lors du G20 de prolonger le moratoire en 2021.

Le ministre argentin des Affaires étrangères Felipe Sola a lui annoncé qu'il exhorterait le G20 à créer un "fonds de solidarité" mondial pour lutter contre la pauvreté dans les pays touchés par le coronavirus.

"Nous voulons des décisions sur la dette, non seulement pour les pays les plus pauvres mais aussi pour les pays à revenu intermédiaire" appauvris par la pandémie, a-t-il déclaré à Buenos Aires.

Mais les membres du G20 luttent eux-mêmes pour soutenir leurs économies lourdement affectées par les mesures prises pour contenir la propagation du virus.

L'Organisation de coopération et de développement économiques a estimé en juin que ces mesures avaient provoqué une chute record du PIB de 3,4% dans ces pays au premier trimestre 2020, soit la plus forte baisse depuis que l'agence a commencé à recenser des données en 1998.

J.B. avec AFP