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La saison estivale a permis aux hôtels français de sauver les meubles mais pas partout

32% des Français privilégient les séjours à l'hôtel

32% des Français privilégient les séjours à l'hôtel - MYCHELE DANIAU / AFP

Après un arrêt total de leur activité pendant le premier confinement, les hôtels ont misé sur les mois d'été pour reprendre leur souffle.

La saison estivale a été l'occasion pour les hôtels français de reprendre du poil de la bête après avoir dû fermer pendant le premier confinement. Globalement, le secteur a enregisté un taux d'occupation de 49% en août soit une baisse de 23 pts par rapport à 2019, mais fait bien mieux que les hôtels italiens, espagnols ou portugais où ce taux est inférieur à 40% (soit des diminutions d’environ 50 pts sur un an).

Mais selon une étude de Christie & Co menée dans plusieurs zones touristiques françaises entre juin et septembre, cette reprise se caractérise par d'importantes disparités.

>Paris

Sur les cinq destinations étudiées, c’est la capitale française qui aura subi de plein fouet les conséquences de la crise COVID-19 au cours de sa saison estivale, la clientèle internationale qui représente près de deux-tiers de la demande pour la destination étant absente.

Les performances hôtelières depuis le mois de juin montrent des diminutions de RevPAR (recette moyenne hébergement par unité d'hébergement disponible) records supérieures à 84% (96% au mois de juin) par rapport à 2019.

C’est logiquement la catégorie Luxe, qui dépend majoritairement des flux touristiques internationaux, qui aura enregistré les plus fortes baisses, avec une chute du taux d'occupation de 69 points en août par rapport à l’année précédente, et un RevPAR de 11 euros, une baisse de presque 100%. Le segment économique, dynamisé par la demande domestique, enregistre des contractions de RevPAR de plus de 10 points inférieures aux autres catégories.

"On observe par ailleurs que 45% des hôteliers ont décidé de garder les portes de leurs établissements fermées jusqu’à septembre, la période estivale étant une période de basse saison dans le Bassin Parisien. Un léger rebond est attendu courant septembre et octobre avec la reprise de l’activité professionnelle, avant le deuxième confinement instauré par le gouvernement", peut-on lire.

>Côte d'Azur

Les établissements du littortal méditérannéen ont continué à souffrir cet été, la faute à l'absence de la clientèle étrangère dont ils sont très dépendants en particulier pour les communes de Nice et de Cannes.

Ce phénomène s’est logiquement répercuté sur les performances hôtelières avec des diminutions de RevPAR respectives de 51% et 33% pour juillet et août par arapport à 2019.

C’est logiquement la catégorie Luxe, qui dépend majoritairement des flux touristiques internationaux, qui aura enregistré les plus fortes baisses malgré les baisses de prix. Les segments économiques et milieu de gamme ont quant à eux fait preuve de résilience, avec des contractions de RevPAR inférieures à 10%.

>Bordeaux

A l'inverse de la Côte d'Azur, la région bordelaise a capitalisé sur la clientèle domestique. "Bien que fortement impactée par les conséquences de la crise COVID-19, l’hôtellerie bordelaise a réussi à limiter les chutes de performances durant la saison estivale, à l’image du mois d’août qui enregistre une baisse de RevPAR de 25%" peut-on lire.

Le tourisme bordelais est prédominé par une demande affaires (54%), ce qui permet de maintenir la fréquentation du parc hôtelier à un niveau acceptable au mois de septembre (51% de taux d'occupation). "Cependant l’absence d’évènements majeurs en automne 2020 pourrait mener à une chute graduelle des performances lors du dernier trimestre" ajoute l'étude.

>Nantes

"Malgré l’absence de flux touristiques internationaux et le ralentissement de l’activité évènementielle, Nantes aura pu profiter du surplus de touristes français durant la saison estivale" souligne l'étude.

Les baisses de RevPAR enregistrées sur les mois de juillet et août sont de 36% et 20% respectivement. Celles-ci sont de 15 points inférieures à la moyenne nationale.

Contrairement aux autres métropoles françaises, l’hôtellerie économique enregistre des baisses de RevPAR supérieures aux autres catégories hôtelières. Cela peut s’expliquer par la part plus importante de demande loisirs au cours de l’été 2020.

>Lyon

Sa demande hôtelière se caractérise par une clientèle à majorité domestique et affaires (60%). La saison estivale, en particulier le mois d’août, ne donc constitue pas la période la plus dynamique pour l’hôtellerie lyonnaise.

On observe pourtant que c’est au mois d’août que les performances ont été les moins altérées, avec une diminution de 17% du RevPAR en comparaison avec 2019. Avec 12 pts de taux d'occupation de moins que pour 2019, les hôteliers sont parvenus à augmenter les prix moyens de 4,5% d’une année à l’autre, toutes catégories confondues. La destination a également su tirer profit du transfert de la clientèle domestique qui avait pour habitude de partir à l’étranger

Le segment milieu de gamme de l’agglomération prouve sa résilience (-12,3% de RevPAR) et Lyon intra Muros enregistre une contraction de performances inférieure de moitié à la moyenne nationale.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business