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Locations longue durée, coworking... : comment les hôtels tentent de sauver les meubles

32% des Français privilégient les séjours à l'hôtel

32% des Français privilégient les séjours à l'hôtel - MYCHELE DANIAU / AFP

Quasiment fermées depuis des mois, certaines chaînes d'hôtels tentent de lancer de nouvelles offres ou services pour maintenir de l'activité. Tout comme les indépendants.

Si officiellement les hôtels peuvent rester ouverts pendant le reconfinement, certains ont choisi de baisser le rideau, faute de touristes français et étrangers. A l'image de la chaîne Best Western qui voit son taux d'occupation se situer sous les 10% et qui a décidé de fermer 75 de ses 300 établissements. Au total, 7% des hôtels n'ont toujours pas rouvert depuis le mois de mars.

Et alors que les mesures de chômage partiel prendront fin officiellement le 31 décembre, le spectre des faillites est plus fort que jamais. Selon les représentants du secteur, 47.000 emplois ont déjà été supprimé et un hôtel sur trois pourrait définitivement fermer.

Face à cette perspective, certaines chaînes tentent de lancer de nouvelles offres ou services pour maintenir un semblant d'activité dans leurs établissements ouverts et capter de nouvelles sources de revenus. Tout en appliquant des protocoles sanitaires stricts.

Transformer une chambre en salle de yoga

La chaîne hôtelière HappyCulture (38 hôtels en France) du groupe Honotel, a ainsi lancé l'offre Homppy pour investir le marché de la location longue durée.

Il s'agit d'une solution d’hébergement longue durée qui permet à tout profil, de l’étudiant au professionnel en passant par le touriste de se loger dans une chambre d’hôtel pour moins de 900 euros par mois avec un bail ultra flexible au mois et sans aucun garant. L'offre est disponible dans 19 hôtels de l'enseigne.

Une approche qui semble fonctionner puisque selon le groupe, 400 locataires sont déjà comptabilisés.

"Nous avons, par ailleurs, créé de nouveaux services, par exemple en transformant temporairement certaines chambres en salles de Yoga ou en bureaux, privatisables gratuitement pour les clients hébergés", ajoute Hélène Gauthier, Co-Directrice Générale du Groupe Honotel.

La chaîne IHG (Intercontinental Hôtels Group) a même fait le pari d'ouvrir un établissement à Paris, le premier de l'enseigne Voco, avec justement un positionnement alternatif au simple hébergement.

Source de satisfaction

"Ce sont des endroits de convivialité où les gens se sont appropriés l'espace qui est très ouvert sur la ville et qui au cours de la journée va s'adapter", explique sur BFM Business Eric Viale, directeur général d'IHG pour l'Europe du Sud. Et d'évoquer une clientèle très locale de coworking ou pour des très courts moments (une journée ou une nuit).

La clientèle des salariés est en effet une piste. Des gérants d'hôtels misent sur les professionnels qui effectuent encore des voyages d'affaires, d'autres misent sur les travailleurs en télétravail en proposant des espaces calmes dans des chambres bien équipées et confortables, pour une demi-journée ou une journée entière.

Mais cet apport reste encore marginal. En province, de nombreux hôtels doivent fermer le week-end par exemple. Mais pour de nombreux patrons, le simple fait de pouvoir ouvrir et d'avoir un semblant d'activité est déjà une grande source de satisfaction après un printemps catastrophique.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business