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"La peur de la casse sociale est extrêmement présente parmi les salariés", selon un représentant syndical de Suez

Mikael Henneton, membre de la coordination CFDT du groupe Suez, était l'invité ce mardi matin de BFM Business.

Craignant des suppressions d'emplois si Veolia mettait la main sur Suez, les syndicats du groupe ont appelé à un débrayage de deux heures ce mardi matin. L'objectif est de "faire bloc face à l'OPA de Veolia", a affirmé Mikael Henneton, membre de la coordination CFDT de Suez, qui estime que "plusieurs milliers" d'emplois pourraient être menacés en raison d'un potentiel monopole en France si l'opération de Veolia était menée à bien.

"On a beaucoup parlé de l'eau mais on a aussi oublié de parler du déchet et de toutes ses activités liées qui créeraient des monopoles territoriaux et nationaux", a assuré le syndicaliste, qui était l'invité de Good Morning Business. Il n'est pas convaincu par la promesse du fonds Meridiam, repreneur attendu de la branche eau française de Suez, de ne supprimer aucun emploi.

"Quid des autres activités de Suez?"

"C'est le cas peut-être pour l'eau, et aujourd'hui on peut émettre toutes les réserves possibles à ce sujet, mais quid des autres activités de Suez? Qui reprendrait demain l'incinération, la collecte, sachant que Veolia ne peut pas conserver ces actifs pour des questions de monopole? A qui ces activités seraient cédées, et dans quelles conditions? La peur de la casse sociale est extrêmement présente parmi les salariés", a assuré Mikael Henneton.

On peut "difficilement croire" que Suez a toute sa place au sein de Veolia, a poursuivi le représentant CFDT.

"On est sur une OPA clairement hostile, non sollicitée par Suez, dans une période particulière (de pandémie), à la veille d'une crise économique. Comment peut-on nous certifier sans connaître certains repreneurs des activités qu'il n'y aura pas de casse sociale et le maintien de l'intégrité des emplois?", a interrogé le syndicaliste.
J. B.