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La production d'énergie par les centrales à charbon recule pour la première fois dans le monde

Les États-Unis possèdent encore de nombreuses centrales thermiques à charbon.

Les États-Unis possèdent encore de nombreuses centrales thermiques à charbon. - George Frey - AFP

Sur le premier semestre 2020, les capacités totales des centrales électriques au charbon ont diminué dans le monde pour la première fois, sauf en Chine. Ce recul est dû à la pandémie et à la fermeture de nombreux sites, notamment en Europe.

Les centrales thermiques au charbon produisant de l'électricité ont vu leur capacité totale mondiale reculer, pour la première fois, sur les six premiers mois de 2020. Selon le rapport Global Coal Plant Tracker (GCPT) de l'association nord-américaine Global Energy Monitor (GEM), cette baisse, évaluée à 2,9 gigawatts (GW) au premier semestre de 2020, ramène les capacités mondiales de production d'énergie des centrales à charbon à une puissance totale de 2047 GW.

Précisément, du 1er janvier au 30 juin, des capacités totalisant 18,3 GW ont été mis en service tandis que, sur la même période, 21,2 GW ont été retirés, entraînant une baisse nette du parc mondial de 2,9 GW.

La pandémie a ralenti la progression du parc de centrales

À titre de comparaison, le parc mondial de centrales à charbon avait augmenté en moyenne de 25 GW tous les six mois au cours des deux décennies précédentes, de 2000 à 2019.

Ce recul est attribué au ralentissement de la mise en service de nouveaux sites en raison de la pandémie de Covid-19 et à la fermeture de nombreuses centrales à charbon dans l'UE dû au durcissement des réglementations sur la pollution de l'air.

La Chine représente la moitié de la puissance énergétique installée dans le monde, issue de centrales thermiques à charbon.
La Chine représente la moitié de la puissance énergétique installée dans le monde, issue de centrales thermiques à charbon. © Global Energy Monitor



Ce constat doit toutefois être tempéré par le fait que 189,8 GW de capacité de production d'énergie au charbon sont toujours en construction dans le monde et 331,9 GW supplémentaires sont en cours de planification.

"Cela va à l'encontre des appels du secrétaire général de l'ONU, António Guterres, à un moratoire mondial sur les nouvelles centrales au charbon après 2020" souligne l'association.

La Chine représente 50% du parc mondial

L'essor du parc de nouvelles centrales à charbon au premier semestre 2020 a été surtout dû à la Chine (capacité totale mise en service de 11,4 GW), qui a augmenté ses projets et ses autorisations de construction de nouveaux sites, suivie de très loin par le Japon (1,8 GW).

Cette montée en puissance explique que la Chine concentre désormais la moitié du parc mondial de centrales à charbon en service (cf tableau ci-dessus).

Du coté des fermetures de sites, au cours du premier semestre 2020, celles-ci ont surtout eu lieu au Royaume-Uni (-8,3 GW) suivi des États-Unis (-5,4 GW).



L'UE est en passe d'établir, en 2020, un record annuel de fermeture de centrales à charbon. Au total, 19 pays de l'UE et le Royaume-Uni se sont engagés à éliminer progressivement cette production d'électricité très polluante d'ici 2030, l'Allemagne ciblant 2038.

La diminution de l'usage du charbon sera très lente

"Malgré le déclin de la mise en service et du développement, l'utilisation mondiale du charbon - et les rejets de CO2 associés - ne devraient diminuer que très lentement au cours de la prochaine décennie. Pourtant, les émissions liées à l'utilisation du charbon doivent chuter d'ici 2030 selon des trajectoires qui répondent aux objectifs de l'accord de Paris" déplore le document de l'association nord-américaine.

De son côté, la France dispose à l'heure actuelle d'un parc de quatre centrales à charbon en service à Cordemais (Loire-Atlantique), Gardanne (Bouches-du-Rhône), Le Havre (Seine-Maritime) et Saint-Avold (Moselle) Les sites du Havre et de Saint-Avold s’arrêteront d’ici à 2022, celui de Cordemais d’ici à 2026. Le calendrier de la fermeture de celui de Gardanne restant encore incertain.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco