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Les centrales à charbon ont fait perdre 178 millions d’euros à EDF en 2019

La centrale combinée gaz et charbon de St-Avold (Moselle)

La centrale combinée gaz et charbon de St-Avold (Moselle) - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Les deux centrales à charbon d’EDF ont cumulé 178 millions d’euros de pertes en 2019, selon un rapport du think tank financier Carbon Tracker. En Europe, près de quatre centrales sur cinq ne seraient tout simplement plus rentables d’après ses auteurs.

Des pertes colossales! En 2019, EDF a perdu 178 millions d’euros à cause de ses centrales à charbon, selon une étude du think tank financier Carbon Tracker publiée jeudi. L’électricien exploite actuellement deux sites en France: l’une au Havre (Seine-Maritime), l’autre à Cordemais (Loire-Atlantique). Dans l’Hexagone, deux autres centrales sont également mises en service par EPH - propriété du milliardaire Daniel Kretinsky – à Saint-Avold (Moselle) et à Gardanne (Bouches-du-Rhône). Le groupe tchèque, troisième plus grosse entreprise du secteur en Europe, accumule 613 millions d’euros de pertes sur le continent.

Des centrales largement déficitaires

EDF et EPH sont très loin d’être les seuls exploitants à perdre beaucoup d’argent. Le Français Veolia, qui possède neuf centrales en Europe (quatre en République Tchèque, trois en Pologne, une en Roumanie et une en Allemagne) devrait également perdre 62 millions d’euros cette année. Les quatre sites d’Engie (trois en Allemagne, une au Portugal) cumuleraient eux de 40 millions d’euros de pertes d’après le rapport de Carbon Tracker.

Au total, près de quatre centrales sur cinq (79%) ne seraient pas rentables en Europe selon l’étude. En 2017, elles n’étaient pourtant que 46% à être déficitaires. "Le modèle économique des centrales à charbon devient intenable pour les opérateurs sans subventions d’Etat importantes", soulignent les auteurs. En cause : la concurrence acharnée de l’éolien, de l’énergie solaire, et de la prépondérance du gaz bon marché décrypte le think thank.

Arrêt programmé des centrales en 2022

En France, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit la fermeture des quatre dernières centrales à charbon à l’horizon 2022. Ces sites produisent un peu plus de trois gigawatts par an, soit à peine 1,8% de l’électricité consommée en France d'après le Parisien. Selon le quotidien, 700 emplois directs (le double avec les fournisseurs) sont concernés par la reconversion de ces sites. Ce qui provoque des incertitudes concernant le devenir des salariés. A la centrale Saint-Avold, 140 employés inquiets pourt leur avenir bloquent le site depuis lundi dernier.

Antoine Laurent