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La Caisse d'Épargne veut faire travailler des conseillers bancaires non salariés payés au résultat

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Le "conseiller indépendant local" ne sera donc pas salarié de la banque, mais "mandataire exclusif". Ce qui permettrait à la Banque Populaire Caisse d'Epargne de garder un pied en milieu rural.

Vous êtes client d’une grande banque, mais votre conseiller bancaire est...indépendant. C’est le modèle que va expérimenter la Caisse d’Epargne, en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Le test commencera à partir de la dernière semaine de mai, dans trois agences "en milieu rural", indique Ouest-France.

Le système est inédit en France, mais, relève Les Echos, rappelle celui déjà existant en Belgique. Le "conseiller indépendant local" ne sera pas salarié du groupe, mais "mandataire exclusif". Il sera payé selon sa production, comme la signature d’un nouveau crédit, et touchera des commissions et des primes.

Pas de lien de subordination

L'entrepreneur (et non auto-entrepreneur) gardera des liens directs avec la banque en ligne Caisse d’Epargne, mais il gardera son indépendance pour les horaires et ne sera lié par aucun lien de subordination avec la banque. Il pourra monter sa SAS (Société anonyme par actions simplifiée), précise Ouest France, mais le fonds de commerce restera la propriété de la Caisse d'Epargne.

Celle-ci réclame au moins deux ans d’expérience dans une banque ou chez un assureur, et donne comme mission de suivre les clients actuels et d’en démarcher de nouveaux.

L’intérêt pour la banque? De continuer à garder un contact humain avec les clients en milieu rural, et d'en dénicher de nouveaux. Le maillage du territoire est en effet fragilisé par l’émergence de banques en ligne - les suppressions de postes dans les banques se multiplient et les chiffres de fermeture de distributeurs de billets automatiques sont parlants: la France en a perdu près de 3000 entre 2012 et 2018, et surtout en milieu rural.

Autre intérêt pour la Caisse d'Epargne: elle se voit délestée de charges, car le conseiller indépendant local devra payer ses frais de fonctionnement courant de l'agence.

Gagnant-gagnant?

En contrepartie, que gagne le conseiller? Il choisit son rythme de travail et n’a pas de hiérarchie, ce que recherchent certains collaborateurs, a indiqué le groupe Banque Populaire Caisse d'Epargne.

Mais beaucoup de questions restent en suspens: quelle sera la qualité du service, sachant que le conseiller est rémunéré à la tâche? Comment les données personnelles des clients seront-elles sécurisées? Les syndicats attendent un rapport d’experts qui doit tomber le 25 mars, et le groupe doit encore obtenir l'aval de l'ACPR, le contrôleur français des banques et des assurances.

Fanny Guyomard