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L'armée britannique teste un drone guerrier capable de traquer l'ennemi à l'intérieur des immeubles

L'I9 est conçu pour pénétrer dans des lieux clos, reconnaître des ennemis grâce à une IA et ouvrir le feu sur ordre d'un humain à distance (image d'illustration).

L'I9 est conçu pour pénétrer dans des lieux clos, reconnaître des ennemis grâce à une IA et ouvrir le feu sur ordre d'un humain à distance (image d'illustration). - Philippe Hughen-AFP

La Royal Air Force teste actuellement un drone équipé d'armes de combat capable de voler en intérieur. Une intelligence artificielle reconnait les ennemis et peut ensuite ouvrir le feu à distance sur l'ordre d'un soldat.

Le drone dévoilé par l'armée britannique a l'air inoffensif. Mais ne vous y fiez pas. L'I9, le nom de code du demonstrateur testé par la Royal Air Force, a été conçu pour être armé. Selon le Times, il peut être équipé de fusil tirant des cartouches de chasse. Des tests auraient déjà été menés. D'autres essais sont à l'étude pour qu'il embarque des pistolets et même des mini lance-roquettes.

Mais ce n'est pas la seule innovation. L'I9 n'est pas conçu pour être lancé sur des champs de bataille, mais dans des lieux fermés comme des immeubles, des sous-terrains ou des grottes. Bref, partout où il est risqué d'envoyer des soldats, non seulement pour obtenir des informations, mais aussi pour intervenir.

Selon Lucy Fisher, journaliste au Times qui révèle cette innovation, les Britanniques auraient résolu une problématique essentielle du vol en milieu fermé. La complexité du pilotage en intérieur d'un drone à hélice (l'I9 en possède 6), est le rejet vers le bas de l'air aspiré par le haut. En extérieur, il se dissipe, mais dans des milieux confinés, l'air rebondit sur le sol, remonte le long des murs puis est projeté sur le drone par le plafond. Le drone s'écrase alors au sol.

Le pilotage est plus que délicat car même en cas de contrôle parfait, le recul provoqué par les tirs risque de projeter le drone contre un mur et le détruire.

Une IA pourrait lancer un tir sans l'aide d'un humain

D'autres questions se posent. Selon la journaliste du Times, l'I9 est piloté à distance par un humain, aucune intelligence artificielle ne prendra la décision d'ouvrir le feu. Mais aucune précision n'a été donnée sur le système de communication qui permettra d'échanger des données audio et vidéo à travers des parois. Le problème n'est pas seulement technique.

"Les règles de guerre actuelles exigent que si un robot tire sur un autre être humain, il y ait toujours un humain dans la boucle pour prendre cette décision", explique l'expert Défense de Forbes. Pour ne pas risquer de perdre la liaison, un militaire pourrait devoir rester à proximité du drone pour le piloter et avoir accès aux images "pour décider d'ouvrir le feu".

L'IA de ce nouveau drone lui en donne les capacités. Selon Lucy Fisher, elle intègre un système de reconnaissance faciale afin de reconnaitre les combattants ennemis et pourrait ne pas avoir besoin que l'opérateur ordonne un tir. Cette fonction sera-t-elle bloquée pour ne pas enfreindre les règles sur les armes autonomes?

Pour l'instant, aucun pays ne s'est encore risqué à donner l'ordre de tir à une intelligence artificielle. Même dans des situations d'urgence, les drones armés sont pilotés par un militaire.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco