BFM Business

Veolia/Suez: Jean-Pierre Clamadieu (Engie) fait monter les enchères

Invité de BFM Business, le président du Conseil d'administration d'Engie revient sur la prioposition de Veolia pour lui racheter sa part dans Suez.

Le message est clair. Pour Jean-Pierre Clamadieu, président du Conseil d'administration d'Engie, la proposition de Veolia pour lui racheter sa part dans Suez est insuffisante.

"Le compte n'y est pas", affirme-t-il sur le plateau de Good Morning Business. "Le projet par certains aspects est attrayant" mais le responsable a aussi appelé à "une offre inclusive dans laquelle les équipes de Suez se sentent parties prenantes".

"Le compte n'y est pas parce qu'il faut que nous fassions une valorisation de Suez. Notre vision est que la valeur de Suez est plus importante que la base de cette discussion", a-t-il estimé, jugeant aussi que les bénéfices des synergies attendues de cette éventuelle union profiteraient surtout à Veolia.

Rappelons que Veolia entend dans un premier temps racheter la participation d'Engie dans Suez (environ 32%) pour 3 milliards d'euros.

Et d'ajouter: "il peut avoir d'autres projets pour Suez" précisant qu'"il faut mesurer les impacts qu'aurait la vente de l'activité Eau en France de Suez à un fonds" (Meridiam).

Selon nos informations, l’immense appétit de Veolia pour Suez rend Engie exigeant avant de dire "oui". Engie souhaiterait obtenir 17 euros par action au lieu de 15,50 euros proposés par Veolia, soit 1 milliard d'euros de plus.

Rappelons que sur BFM Business, Antoine Frerot, le PDG de Veolia estimait mardi que ce prix est juste: "Nous avons bien étudié ce prix, c'est un bon prix: +50% par rapport au cours de bourse qui précédait l'annonce d'Engie" de céder ses parts dans Suez. "D'ailleurs, les marchés financiers, les investisseurs, les analystes financiers ont tous pensé que c'était un prix fair", explique-t-il.

Dans le même temps, Jean-Pierre Clamadieu ajoute que "la simplicité et la rapidité de l'offre de Veolia sur la participation dans Suez sont des atouts". Engie souligne qu"une offre sur Suez, quelle qu'elle soit doit aussi être examinée sous l'angle de la qualité du projet industriel et le respect des parties prenantes".

Et d'appeller à ce que "le dialogue s'instaure entre Veolia et Suez" alors que ce dernier a retourné une assez ferme fin de non-recevoir à Veolia, jugeant l'opération "particulièrement hostile" et contraire aux intérêts de l'entreprise.

Reste que Veolia n'exclut pas d'aller plus loin. Interrogé sur la possibilité de lancer une OPA hostile sur Suez si son projet actuel n'aboutit pas, Antoine Frérot indique: "Rien n'est exclu, ça dépendra beaucoup des raisons qui font qu'Engie n'accepte pas notre proposition, et nous aviserons à ce moment-là."

Pour Jean-Pierre Clamadieu, "toute OPA de Veolia devrait se faire à un prix supérieur à celui de l'offre actuelle".

Une chose est sûre, les enchères vont monter.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business