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Un pont à 480 millions d'euros entre la Russie et la Crimée

Cette photo du 23 octobre 2003 à Kertch montre la construction d'une digue qui reliera la mer d'Azov à la mer Noire.

Cette photo du 23 octobre 2003 à Kertch montre la construction d'une digue qui reliera la mer d'Azov à la mer Noire. - -

Un bras de mer, dans la péninsule de Kertch, sépare la Russie et la Crimée. Les deux gouvernements voudraient y construire un pont.

Le lien entre la Crimée et la Russie est de plus en plus solide. Non seulement le Parlement de Crimée a voté, jeudi 6 mars, le rattachement à la Fédération de Russie, mais un pont va également être construit.

Seul un minuscule bras de mer sépare la péninsule de Kertch, dans l'extrême est de la Crimée, de la Russie, à laquelle elle n'est actuellement reliée que par ferry.

Le pont, de "7,5 km de long", sera "réalisé en quatre-cinq ans", assure Oleg Ossadtchi, maire de Kertch, qui en est à son quatrième mandat successif à la tête de cette cité de 145.000 âmes. "A 74% russe", explique-t-il à l'AFP, ce vendredi 7 mars.

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a d'ailleurs signé, lundi 3 mars, un décret confiant la mise en oeuvre de ce projet de 480 millions d'euros à la compagnie publique Rossavtotor.

Un précédent pont date de 1944

Russes et Ukrainiens étaient déjà parvenus à un protocole d'accord, il y a un peu plus de trois ans, et cela fait 70 ans que Moscou revient régulièrement à la charge.

A partir des restes de celui que l'armée de l'Allemagne nazie avait commencé à installer en avril 1943, un pont de 4,5 kilomètres avait même vu le jour à cet endroit à l'été 1944. Mais, faute d'avoir été assez bien conçu par les Soviétiques, il avait été emporté par des glaces dérivantes, six mois plus tard...

Plusieurs autres projets, en particulier du temps où Russie et Ukraine étaient des "républiques soeurs" au sein de l'URSS, n'avaient finalement pas abouti.

Mais cette fois, cela pourrait être la bonne. "Les gouvernements russe et de (la république autonome de) Crimée sont très intéressés", fait valoir Oleg Ossadtchi, ne mentionnant à aucun moment les dirigeants de Kiev, à un millier de kilomètres de là par la route et avec lesquels, au contraire, les ponts semblent définitivement coupés.

Projet au stade d'étude

Néanmoins, le projet n'en est qu'au stade des "études de l'ensemble des possibilités techniques", qui doivent être terminées d'ici à novembre.

Du coup, "aucuns travaux n'ont commencé" sur le site choisi par les ingénieurs, juste au nord de Kertch, souligne Sergueï Degtiabenko, directeur de l'usine Proliv, spécialisée dans les conserves de produits de la mer, dont 20% partent à l'export, notamment vers la Russie.

Diane Lacaze avec AFP