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Riposte aux taxes américaines: l'Allemagne renonce à la manière douce

L'Allemagne, qui a le plus à perdre à une guerre commerciale avec les États-Unis, a longtemps incité Bruxelles à la souplesse dans ses négociations avec Washington. Cette phase est terminée.

Le G7 s'ouvre ce jeudi au Canada sur fonds de guerre commerciale entre les États-Unis d'un côté et le reste du monde de l'autre. Un sommet "seul contre tous" pour Donald Trump alors que les dirigeants européens et canadien protestent contre les taxes douanières récemment imposées par son administration.

D'ailleurs Bruxelles a contre-attaqué mercredi, en dévoilant ses propositions pour riposter aux taxes américaines sur l'aluminium et l'acier. L'Union européenne prévoit ainsi de taxer une liste de produits américains, qui tient sur un document de 29 pages déjà soumises à l'OMC. Les 28 États membres ont donné leur feu vert, y compris l'Allemagne qui s'est finalement rangée à la position de la Commission.

Berlin s'est rangée derrière Bruxelles

Sachant que de tous les États-membres, c'est elle qui avait le plus à perdre d'une guerre commerciale avec les États-Unis, l'Allemagne avait à plusieurs reprises appelé l'UE à faire preuve de souplesse dans ses négociations avec Washington et à poursuivre le dialogue jusqu'au bout.

Avant que ces taxes ne soient officiellement instaurées, la Commission avait proposé des droits de douanes sur une liste de produits américains, parmi lesquels les jeans, le jus d'orange, le bourbon, les chaussures de sports ou encore le beurre de cacahuètes. Pour faire preuve d'ouverture, l'Allemagne avait fait part de sa volonté de n'en cibler qu'une partie. Mais cette phase est définitivement révolue.

Berlin s'est rangée derrière Bruxelles, tous les produits de la liste seront finalement taxés. Le vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, assure ainsi avoir "reçu le plein soutien de tous les États-membres". Une riposte européenne qui devrait entrer en vigueur dès juillet.

Un virage à 180 degrés alors que ses exportations automobiles sont maintenant elles aussi menacées. Mais après avoir testé la manière douce, Berlin espère que jouer la carte de la fermeté dissuadera Donald Trump de frapper le secteur le plus stratégique de son économie.

Delphine Liou, édité par N.G.