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La Grèce dit ne pas pouvoir rembourser le FMI en juin

Pour le gouvernement d'Alexis Tsipras, rembourser le FMI impliquerait de ne plus pouvoir payer les retraites et les pensions.

Pour le gouvernement d'Alexis Tsipras, rembourser le FMI impliquerait de ne plus pouvoir payer les retraites et les pensions. - Louisa Gouliamaki - AFP

En juin, la Grèce devra rembourser au FMI 1,6 milliard d’euros. Nikos Voutsis, ministre de l'Intérieur, a affirmé que le pays ne s’acquittera pas de cette dette. Le gouvernement n'a pas confirmé cette déclaration.

Le ministre de l'Intérieur grec a déclaré dimanche que la Grèce n'avait pas d'argent pour payer le FMI en juin, un risque brandi à plusieurs reprises récemment par des officiels grecs dans le cadre des négociations avec les créanciers du pays.

"Les remboursements au FMI en juin sont de 1,6 milliard d'euros, ils ne seront pas faits et d'ailleurs il n'y a pas d'argent pour le faire", a déclaré Nikos Voutsis à la chaîne de télévision Mega Channel. Aucun porte-parole du Premier ministre Alexis Tsipras n'était joignable pour commenter ces propos.

Vendredi néanmoins, tout en soulignant l'énorme problème de liquidités que traverse le pays, le principal porte-parole de M. Tsipras, Gabriel Sakellaridis, avait déclaré : "Le gouvernement grec a l'intention d'honorer toutes ses obligations, avec une priorité aux obligations domestiques avant celles envers les créanciers. Il a l'intention de satisfaire toutes les demandes, ce qu'il a démontré avec beaucoup d'efforts et dans des conditions extrêmement difficiles récemment. Et c'est ce que nous ferons en juin".

La posture officielle du gouvernement de gauche radicale est en effet d'annoncer qu'on servira d'abord les pensions et les retraites, puis les créanciers. Le ministre des Finances Yanis Varoufakis a ainsi déclaré au New York Times cette semaine : "Je ne vais pas payer le FMI et ne pas payer les retraites et salaires dans les semaines à venir".

M. Tsipras a averti depuis mars, dans une lettre à la chancelière allemande Angela Merkel, du risque qu'Athènes ne puisse plus honorer ses dettes envers ses créanciers, FMI et BCE, si on ne lui verse pas très vite les 7,2 milliards d'euros d'aide qu'elle attend depuis août 2014. Mais les négociations achoppent sur les "lignes rouges" sociales fixées par le gouvernement Syriza.

Ce n'est pas la première fois que des personnalités très à gauche, comme M. Voutsis, mais pas en lien direct avec les décisions économiques, brandissent, peut-être à des fins stratégiques, le spectre de caisses entièrement vides.

Le porte-parole du groupe parlementaire Syriza Nikos Filis a ainsi assuré cette semaine : "Nous n'avons pas l'argent pour payer le FMI le 5 juin. Il n'y a de l'argent que pour les salaires et les retraites". La situation est plus subtile : il y a quatre paiements à effectuer au FMI en juin, dont 300 millions le 5.

Selon des connaisseurs de la dette grecque interrogés par l'AFP, il y a assez d'argent pour cette échéance, et pour les salaires et retraites jusqu'au 12, date de la deuxième échéance: cela donne ainsi ce délai aux négociations pour aboutir. M. Tsipras est confiant sur la perspective de cet accord. M. Voutsis lui-même a reconnu dimanche s'exprimer avec "l'optimisme prudent qu'il y aura un accord solide".

P.S. avec AFP