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Japon: la croissance a ralenti fin 2013

L'économie japonaise a progressé trop faiblement au quatrième trimestre 2013.

L'économie japonaise a progressé trop faiblement au quatrième trimestre 2013. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Après avoir commencé l'année 2013 sur les chapeaux de roues, l'économie japonaise a progressé plus faiblement au dernier trimestre. Ce qui soulève des doutes sur la politique de relance du nouveau Premier ministre Shinzo Abe.

Tokyo voulait enclencher la reprise avant que n'intervienne la hausse de TVA de 3 points prévue le 1er avril, passant de 5 à 8%. C'est raté. La croissance au quatrième trimestre 2013 a été plus faible que prévu, et le déficit des comptes courants s'est creusé.

Selon les chiffres révisés publiés ce lundi par le gouvernement de Tokyo, le PIB de la troisième puissance économique mondiale a progressé de 0,7% d'octobre à décembre, contre une première estimation de 1%. Sur l'année 2013, la croissance du Japon n'a finalement atteint que 1,5%.

En cause: la faible progression des dépenses des entreprises et des ménages. L'investissement n'a crû que de 0,8% (1,3% en première estimation) et la consommation privée de 0,4% (contre +0,5% initialement envisagé).

De son côté, le déséquilibre des comptes courants a atteint un nouveau record en janvier 2014. Son déficit affiche le niveau jamais atteint de 1,6 milliard de yens (plus de 11 milliards d'euros). Le yen faible n'a pas suffi à doper les exportations.

En parallèle, les importations continuent d'augmenter du fait de la délocalisation de la production de nombreux industriels japonais, et de la nécessité de compenser le déficit de production d'énergie depuis Fukushima, voici tout juste trois ans.

L'industrie japonaise se délocalise

La conjonction de ces facteurs laisse présager des difficultés accrues après la hausse de la fiscalité en avril. L'efficacité des Abenomics, les mesures économiques du Premier ministre Shinzo Abe qui s'est fait élire en 2012 en promettant de relancer l'économie nippone, en déflation chronique depuis 15 ans, est aussi en question.

Cette politique volontariste avait d'abord été couronnée de succès, avec une croissance de 4% au premier semestre 2013 en rythme annualisé, mieux que tous les autres pays industrialisés. Mais l'embellie n'a pas duré. Au second semestre les exportations, l'investissement et la consommation ont ralenti simultanément.

La Banque du Japon doit se réunir ce lundi et mardi. A la vue de ces chiffres décevants, elle pourrait décider d'assouplir encore sa politique monétaire.

N.G. avec agences