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Ce que pense la presse anglo-saxonne de l'affaire Air France

La presse britannique et américaine offre une large place dans ses pages aux brutalités intervenues chez Air France lundi.

La presse britannique et américaine offre une large place dans ses pages aux brutalités intervenues chez Air France lundi. - Captures d'écran

Les journaux américains et anglais consacrent plusieurs articles ce mardi à l'affaire Air France, au lendemain d'un CCE houleux, interrompu par des salariés qui ont bousculé des dirigeants de la compagnie.

Comité d'entreprise extraordinaire épique lundi chez Air France, au cours duquel des dirigeants, harangués par des salariés qui ont envahi la réunion, ont perdu leur chemise au cours de leur exfiltration. La presse étrangère, tout particulièrement anglo-saxonne, s'en émeut ce mardi.

Dès sa Une, l'International New York Times affiche une grande photo de Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long courrier, chemise déchirée. A l'intérieur, une autre photo, celle du directeur des ressources humaines cette fois, qui tente de s'extirper de la foule de manifestants, torse nu. Sur le site internet du quotidien britannique The Independent, la page comportant les mêmes photos devenait l'une des cinq les plus partagées lundi soir. En guise d'article, figurent seulement ces images, agrémentées d'un commentaire: "Pendant ce temps en France, les dirigeants avaient leurs chemises déchirées par des salariés sur le point de perdre leur emploi".

"Une longue histoire de la mobilisation"

The Guardian, quant à lui, rappelle que ce n'est pas la première fois en France que des conflits sociaux dégénèrent de la sorte. Le titre britannique rappelle la séquestration de deux dirigeants de Goodyear l'année dernière. 

Même tonalité dans Business Insider qui estime que ces événements "très étonnants pour les Britanniques" le sont peu de l'autre côté de la Manche. "La France a une longue histoire de mobilisation de masse des salariés" et "s'en prendre au patron et d'autres tactiques se sont révélées être des outils de négociation incroyablement efficaces". 

Pour The Wall Street Journal, ce conflit social montre "les difficultés des compagnies traditionnelles européennes à devenir assez flexibles et compétitives pour pouvoir concurrencer les low cost, tout en maintenant des parts de marché face aux géants du Golfe".

Le Financial Times note pour sa part l'incapacité de la direction, depuis des années, à réformer l'entreprise. Le journal pointe notamment l'échec de la première négociation avec les pilotes, sur une augmentation de leur nombre d'heures de travail. 

Dorothée Balsan, édité par N.G.