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BNP Paribas: le Sénat français appelle les pays européens à résister

Le Sénat dénonce la concurrence déloyale des Etats-Unis.

Le Sénat dénonce la concurrence déloyale des Etats-Unis. - -

Des sénateurs français ont appelé, ce jeudi 12 juin, les pays européens à bâtir un front uni. Ils dénoncent la concurrence économique "déloyale" des Etats-Unis en Iran, qui s'autorisent des marchés interdits aux autres pays.

La France appelle à une mobilisation européenne dans le dossier BNP Paribas. Des sénateurs français ont appelé, ce jeudi 12 juin, les pays européens à bâtir un front uni face à la concurrence économique "déloyale" des Etats-Unis en Iran à l'heure où la perspective d'une levée définitive des sanctions imposées à Téhéran attire les convoitises des investisseurs occidentaux.

Les relations entre Paris et Washington se sont tendues sous l'effet du contentieux BNP Paribas, les Etats-Unis menaçant d'infliger à la banque française une amende de quelque 10 milliards de dollars pour avoir, selon eux, violé la loi américaine sur les embargos contre plusieurs pays, dont l'Iran. "Aujourd'hui, nous pouvons l'affirmer de façon catégorique, aucune banque française n'accepte d'accompagner nos entreprises dans nos projets en relation avec l'Iran" par crainte de représailles américaines, a souligné Philippe Marini, président UMP de la commission des finances du Sénat, qui s'est rendu avec cinq autres sénateurs fin avril en Iran.

"Que les Etats-Unis soient la seule vraie puissance dans le monde d'aujourd'hui tout le monde le sait mais ce n'est pas une raison pour se garantir à soi-même les marchés (...) ni pour prendre une longueur d'avance sur tous les autres", a-t-il souligné, évoquant notamment le cas de General Electric et de Boeing, autorisés par Washington à exporter en Iran des pièces détachées pour l'aviation civile.

En attendant le rétablissement de circuits financiers viables, le Sénat suggère de faire appel à la Banque postale qui n'est pas exposée aux Etats-Unis et qui n'est de fait pas susceptible d'être victime de représailles américaines.

Maintenir des contacts sur place

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Hassan Rohani, réputé modéré, les délégations d'entrepreneurs étrangers se succèdent à Téhéran pour tenter de se positionner dans un contexte de concurrence dans ce pays producteur d'hydrocarbures.

Paris, autrefois leader dans le secteur automobile avec PSA et Renault, espère retrouver son rang une fois qu'un accord définitif aura été conclu dans le dossier nucléaire. Mais la France devra désormais composer avec la concurrence de la Chine qui pèse aujourd'hui 10% dans le secteur automobile iranien et des Etats-Unis qui placent leurs pions.

Face à cette "concurrence internationale rude", les sénateurs invitent les entreprises françaises à maintenir des contacts sur place, à organiser des visites et à pré-négocier des contrats en attendant la levée définitive des sanctions.

De son coté, Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur, a déclaré : "compte tenu de l'importance de ce cas et de l'importance de cette banque, (...) nous suivons attentivement la situation et nous souhaitons simplement que cette affaire soit instruite de manière proportionnée, équitable et objective".

Diane Lacaze avec agences