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BNP Paribas: Hollande évoque une menace sur "la solidité du système financier européen"

François Hollande a dit attendre "du respect" de la part de ses partenaires américains.

François Hollande a dit attendre "du respect" de la part de ses partenaires américains. - -

A l'issue de la première journée du G7 de Bruxelles, le président de la République a mis en garde contre le possible risque de "déstabilisation de la zone euro" que pourrait représenter la possible amende infligée à BNP Paribas. Des emplois sont en jeu, fait-il valoir.

François Hollande vole à nouveau à la rescousse de BNP Paribas. Face à l'amende de 10 milliards de dollars qui pourrait frapper l'établissement français pour avoir contourné un embargo américain sur plusieurs pays, le président français a pris la parole à l'issue de la première journée du G7 de Bruxelles.

Il a insisté sur les conséquences potentielles d'une telle sanction dont les répercussions dépasseraient le simple cadre de la banque.

Il a affirmé que ces sanctions visent "la première banque française mais aussi de la première banque de la zone euro". Elles seraient d'une "hauteur telle, si on en croit certaines supputations, qu'elles pourraient avoir des conséquences économiques et financières sur l'ensemble de la zone euro", a-t-il mis en garde.

Ces conséquences pourraient s'étendre à "d'autres banques qui pourraient être également visées, introduisant un doute, une suspicion sur la solidité du système financier européen", a ajouté François Hollande.

Des conséquences même pour les Etats-Unis

Rappelant les négociations en cours entre l'Union européenne et Washington sur un traité de libre échange transatlantique, le chef de l'Etat a afffirmé que "nous sommes dans des négociations et nous avons de bons rapport avec les Etats-Unis" et une "bonne coopération" que "nous souhaitons garder".

"Je respecte la justice américaine, mais en même temps (...) rien ne doit compromettre le partenariat entre la France et les Etats-Unis, car nous sommes engagés dans d'autres discussions et nous attendons la réciprocité", a-t-il insisté.

"C'est l'intérêt aussi des Etats-Unis car s'il y a une déstabilisation, pas simplement de la BNP mais d'autres banques qui pourraient se faire sanctionner à des niveaux qui ne correspondent à rien (...) on voit bien les conséquences que ça pourrait avoir pour nos économies", a-t-il encore fait valoir.

"Nous attendons du respect

"Nous attendons de la réciprocité et du respect", a-t-il ajouté, estimant qu'il s'agissait de "faire valoir des droits" mais aussi de "faire prendre conscience qu'il s'agit d'emplois, d'activité économique, de financement, et qu'il y a lieu de prendre ces questions-là avec beaucoup de respect".

François Hollande a également affirmé avoir "noté", les déclarations du secrétaire d'Etat américain John Kerry qui a plaidé mercredi pour une solution "juste" et "adéquate" du litige autour de la BNP Paribas.

Le dossier BNP Paribas sera à l'odre du jour d'un dîner entre Barack Obama et François Hollande ce jeudi à Paris.

De son côté, le ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin a affirmé, ce jeudi, que toute sanction frappant BNP Paribas devra se faire "dans un cadre équitable".

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J.M. avec AFP