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Gilles Gateau (APEC): "L'année 2020 a été dure, mais moins que ce qu’on redoutait."

Invité de BFM Business, le directeur général de l'Association pour l’emploi des cadres évoque une reprise timide, entravée par l'incertitude sur l'évolution des aides.

Invité ce lundi du Grand Journal de l'éco de BFM Business, le directeur général de l'Association pour l’emploi des cadres (Apec) Gilles Gateau détaille un bilan moins rude qu'escompté.

"L’année 2020 a été dure, mais moins que ce qu’on redoutait", explique-t-il, d'après un rapport publié vendredi dernier. Alors qu'une enquête de l'Apec réalisée en novembre tablait sur une baisse de 30% à 40% des recrutements de cadres en 2020, la chute est finalement de 20%. "C'est un niveau similaire à celui de la crise des subprimes", illustre Gilles Gateau.

De plus, l'Apec observe un rebond cette année : 8% d'embauches de cadres de plus qu’en 2020. "Je pense qu'on va être autour de 250 000 embauches de cadres en 2021", estime Gilles Gateau. C'est 12% de moins qu'en 2019, mais la reprise est là. "On a refait un gros tiers du chemin", avance-t-il.

De fortes disparités entre les secteurs

En revanche, le rapport de l'Apec identifie de fortes disparités entre les secteurs. Fortement touché par la crise, l'aéronautique ne connaît pas de rebond. "Au contraire, ça continue de baisser", déplore Gilles Gateau.

"Par contre, dans l'ingénierie, la recherche et développement et le conseil aux entreprises, on est presque au niveau d'avant-crise", s'enthousiasme-t-il.

Si ce rebond reste progressif, c'est à cause des doutes qui entourent la poursuite des aides durant la reprise, juge Gilles Gateau. "Il y a une incertitude concernant le robinet des aides", juge ce dernier. Les entreprises attendent donc de voir avant de recruter, et particulièrement les TPE/PME.

"Un recrutement de cadre sur deux se passe dans des TPE et des PME. C’est le secteur qui est aujourd’hui le plus incertain et dépendant de ce que seront les conditions de sortie du point de vue des aides, de l’activité partielle et de l’ensemble du système de soutien", explique-t-il.

"On voit bien que tout le monde est en attente sur ce que seront les règles du jeu après le mois de juin. Cela va conditionner beaucoup de décisions d’entreprises", ajoute Gilles Gateau. Ces règles sont encore en discussion.

Samuel Kahn