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Gaz de schiste: l'Etat force Engie à renoncer à une commande de 7 milliards de dollars

Extraction de schiste

Extraction de schiste - Leila Gorchev - AFP

Le groupe français entendait importer du gaz naturel liquéfié produit par l'américain NextDecade. Problème, ce GPL provient de l'extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique.

En matière d'énergie, les pouvoirs publics se sont engagés à ne plus apporter de garanties publiques de crédit sur des projets de gaz ou de pétrole de schiste et à atteindre un objectif de neutralité carbone en 2050. Ce qui implique de réduire significativement la part du gaz fossile dans le mix énergétique.

Alors quand Engie a présenté lors de son dernier conseil d'administration la perspective de signature d'un contrat avec le groupe américain NextDecade pour importer pendant 20 ans du gaz naturel liquéfié (GPL) issu de l'extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique, pratique interdite en France, l'Etat a dit non, selon la newsleter d'Ecofi.

Contradiction

Rappelons que l'Etat français est le premier actionnaire d'Engie avec plus de 23% du capital et 34% des droits de vote.

Engie a donc du renoncer à ce contrat évalué à près de 7 milliards de dollars (5,9 milliards d'euros). Il aurait été négocié sous l'ère de Isabelle Kocher, aujourd'hui remplacée, explique aujourd'hui la nouvelle direction pour justifier la contradiction entre ce contrat et les objectifs environnementaux du groupe.

En effet, Engie entend devenir le champion de la transition énergétique et vise 100% de gaz vert dans ses réseaux européens en 2050. Avec cet accord la France serait devenue le premier importateur européen de gaz de schiste.

Cette décision n'a évidemment pas été du goût de NextDecade et surtout de parlementaires américains qui ont écrit à Emmanuel Macron pour dénoncer l’intervention de l’Etat français dans ce dossier.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business