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Fermeture de rayons: "C'est le bordel", s'agace Michel-Edouard Leclerc

Michel-Edouard Leclerc

Michel-Edouard Leclerc - ERIC PIERMONT / AFP

Le président du distributeur éponyme dénonce sur Facebook le manque de clarté concernant ce qu'il peut vendre ou pas.

La grande distribution semble toujours dans le brouillard. Ce mercredi, les grandes surfaces devaient avoir retiré ou bâché les produits jugés non-essentiels qu'elles n'ont plus le droit de vendre par équité envers les petits commerçants.

Hier déjà, plusieurs acteurs dénonçaient le flou artistique qui entourait la liste des produits interdits ou pas et surtout les difficultés logistiques pour réorganiser les magasins en si peu de temps.

C'est Michel-Edouard Leclerc qui aujourd'hui résume le mieux le sentiment du secteur: "C’est le bordel. Dans tous les hypers de France, des milliers de produits doivent en 2 jours être retirés des rayons", assène-t-il sur son compte Facebook.

Aimable pression

"Le gouvernement a décidé que plutôt que de laisser ouvrir d’autres commerçants, la justice passait par la fermeture de nombreux rayons des hypers ! La liste des produits autorisés n’est toujours pas claire, on nous donne un jour pour tout re-ranger (alors que tout marchait selon les règles et sans incident sanitaire)...", poursuit-il.

"J’adresse tous mes encouragements aux milliers de salariés et d’adhérents E.Leclerc (ainsi qu’a nos concurrents) qui vont devoir chambouler, en quelques heures et sur la base d’un décret à l’encre à peine sèche, des centaines de rayons partout en France".

"Ne croyez pas la tâche facile, ils y passeront encore de nombreuses heures aujourd’hui, comme ils y ont passé de nombreuses heures cette nuit... Tout ça avec "l’aimable pression" des préfets et inspecteurs (DGCCRF et police), médiatisée par le ministre de l’Intérieur qui dénoncera au JT les récalcitrants... Pas un mot des autorités à leur égard, pour s’excuser du revirement !", s'agace le dirigeant.

"Depuis le mois de mars nos collaborateurs ont pourtant fait magnifiquement leur job. Aujourd’hui, on leur demande de changer ce qui marche, en raison de la bronca d’élus voulant récupérer politiquement les plaintes de magasins dont le gouvernement refuse l’ouverture. J’en suis navré pour les équipes des magasins. Elles méritaient mieux que cette comédie. Elles n’applaudiront pas les décideurs politiques à l’origine de cette idée fumeuse à 20h", conclut Michel-Edouard Leclerc.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business