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Eurostar en situation "très critique", alerte le PDG de SNCF Voyageurs

Eurostar est détenue à 55% par la SNCF, à 40% par le consortium Patina Rail et à 5% par la SNCB belge

Eurostar est détenue à 55% par la SNCF, à 40% par le consortium Patina Rail et à 5% par la SNCB belge - Getlink

La compagnie, qui fait rouler des trains à grande vitesse entre Londres et le continent, a perdu 85% de ses passagers en 2020.

La crise sanitaire a mis la compagnie ferroviaire transmanche Eurostar dans une situation "très critique", a alerté vendredi le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet.

"Je suis très préoccupé par Eurostar", a expliqué Christophe Fanichet lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes de la mobilité et des transports. "L'entreprise Eurostar est en situation critique, je dirais même très critique."

La compagnie, qui fait rouler des trains à grande vitesse entre Londres et le continent, a perdu 85% de ses passagers en 2020 et est "sous perfusion", selon lui.

"Aujourd'hui, le trafic Eurostar est au plus bas. (...) On n'a plus qu'un aller-retour" par jour, avec une quarantaine en arrivant en Angleterre, et, côté français, un test obligatoire qui va à partir de lundi être suivi d'un confinement de sept jours suivi d'un nouveau test, a déploré le responsable.

Une recapitalisation serait "envisageable"

"La particularité, c'est qu'Eurostar a deux autres défauts: c'est une entreprise française en Angleterre, donc elle n'est pas aidée par les Anglais, et elle n'est pas aidée par les Français parce qu'elle est en Angleterre" (étant historiquement basée à Londres), a relevé Christophe Fanichet.

"C'est une entreprise qui, au vu du trafic, est plus touchée que l'aérien", qui lui est aidé, a-t-il ajouté.

Parmi les aides qu'Eurostar va pouvoir avoir au-delà de ses actionnaires, la direction négocie "des prêts d'État du Royaume-Uni", a-t-il dit, ajoutant qu'une recapitalisation était envisageable "si la situation perdurait".

Eurostar est détenue à 55% par la SNCF, à 40% par le consortium Patina Rail -composé pour 30% de la Caisse de dépôt et placement du Québec et 10% du fonds britannique Hermes Infrastructure- et à 5% par la SNCB belge.

L'actionnaire majoritaire compte toujours fusionner Eurostar avec Thalys -dont elle possède 60% et la SNCF 40%-, "et avec d'autant plus de pugnacité, parce que quand vous êtes en crise c'est en mutualisant vos ressources que vous avez la meilleure productivité", a indiqué Christophe Fanichet.

PS avec AFP