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Vélo: Paris a "enfin mis les bouchées doubles", salue une association

L'association Paris en Selle salue les avancées pour les cyclistes à Paris en 2018 (illustration).

L'association Paris en Selle salue les avancées pour les cyclistes à Paris en 2018 (illustration). - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Malgré une année 2018 commencée par le "cauchemar" de Vélib', l'association Paris en Selle se réjouit d'avancées en faveur du vélo dans la capitale, notamment avec la mise en place de nouvelles pistes cyclables.

La mairie de la capitale a "enfin mis les bouchées doubles" en 2018 pour développer le vélo, a salué mardi l'association de cyclistes Paris en Selle, après une année marquée par le "cauchemar" du nouveau Vélib.

La mairie avait lancé en 2015 un Plan vélo dont l'objectif est de doubler le nombre de kilomètres de pistes cyclables (de 700 à 1.400 km) et de faire passer la part des trajets effectués à vélo de 5% à 15% d'ici à 2020.

"23% des aménagements cyclables prévus dans le Plan vélo ont été livrés, contre seulement 13% il y a un an", a estimé Paris en Selle, jugeant que le seuil de 50% pourrait être atteint d'ici la fin du mandat d'Anne Hidalgo en 2020 "si la dynamique se poursuit".

"On a enfin eu sur le plan vélo le changement de braquet qu'on attendait depuis longtemps", a commenté lors d'une conférence de presse Charles Maguin, président de Paris en Selle, se réjouissant de ces progrès qu'il juge toutefois insuffisants.

Des pistes cyclables qui "changent la donne"

Louant la création d'une "task force dédiée" par la mairie, l'association a notamment mis en avant "l'amélioration notable de l'écoute" des associations d'usagers et l'accélération des mises en chantier de pistes cyclables. Elle a également qualifié de "signal fort" l'inauguration de pistes comme celle de Rivoli qui "changent la donne pour le vélo".

En revanche, "le déploiement des zones 30 (où la vitesse est limitée à 30 km/heure) et des double-sens cyclables tarde à se concrétiser", a-t-elle noté.

Quant au nouveau Velib', que l'association avait qualifié de "cauchemar" début 2018, entre stations en panne et retards d'installation, cet "accident industriel" a eu au moins le mérite de créer un "basculement", a commenté le porte-parole de Paris en Selle Simon Labouret.

Le vélo "pris au sérieux" en 2018

"2018 est l'année où le vélo est devenu autre chose qu'un jouet, qu'un élément secondaire. Le vélo est quelque chose qui est pris au sérieux, qui a un poids politique, qui coûte politiquement si c'est mal fait", a-t-il estimé.

Même si le groupe Smovengo a depuis "redressé la barre", l'association l'a malgré tout appelé à ne "pas relâcher ses efforts" et à faire des "progrès" sur le matériel, le fonctionnement du service et sa tarification. Selon les chiffres du site Velib Métropole, au 8 janvier, 1.109 stations étaient ouvertes sur les 1.400 prévues.

En janvier 2018, le consortium Smovengo avait pris la suite de l'opérateur historique, JCDecaux, dans l'exploitation des vélos en libre-service en Ile-de-France. Les retards dans la mise en oeuvre avaient plongé le service public dans une crise et fait planer sur Smovengo l'ombre d'une résiliation de son contrat. Mais le syndicat gestionnaire de Velib à Paris lui avait renouvelé sa confiance en septembre.

Carole Blanchard avec AFP