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Un retour de l'écotaxe poids lourds envisagé en Ile-de-France

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. - Bertrand Langlois - AFP

Ce projet de taxe, abandonné en 2014, refait surface et servirait à financer les lourds investissements dans les mobilités de la région Ile-de-France. Mais d'autres territoires pourraient s'en inspirer.

L'écotaxe poids-lourds serait prête à faire son grand retour. Cette taxe, abandonnée en 2014 face notamment au mouvement des "bonnets rouges", est proposée comme piste de financement dans un rapport sur l’avenir de la mobilité en grande couronne d’Ile-de-France à paraître mardi 9 février, consulté par Le Monde.

L'enjeu est assez simple: la région Ile-de-France aurait besoin d'un "plan d’investissement massif et spécifique pour la grande couronne, un plan Marshall des mobilités", d'après les mots de François Durovray, président LR du conseil départemental de l’Essonne, cité par le quotidien du soir et qui fait partie des auteurs de ce rapport.

L'idée serait ainsi de trouver des financements, dont l'absence freine actuellement le développement des mobilités dans la région. "Le rapport recense 46 projets ferroviaires ou routiers de transports en commun programmés en Ile-de-France, mais pas démarrés car non financés", résume Le Monde.

Des portiques déjà existants

L'écotaxe viserait "les poids lourds et les véhicules utilitaires légers" à l'échelle de l'Ile-de-France, avec l'intérêt notamment de "s’appuyer sur les portiques équipés de caméras existant encore sur le réseau, les vestiges de l’écotaxe enterrée en 2014." L'objectif serait de financer directement les infrastructures de la région, ce qui est aussi perçu comme un moyen de faire accepter cette contribution aux transporteurs, via des externalités positives à en retirer, notamment sur les temps de trajet.

"La taxation de la route doit aller à la route ou aux transports en commun qui permettent de réduire les embouteillages", explique ainsi François Durovray.

Les camions, qui peuvent traverser la France sans faire le plein et donc sans payer la moindre taxe, poursuit l'élu, participeraient ainsi à l'entretien des routes qu'ils dégradent davantage qu'un simple automobiliste. De quoi aussi rediriger certains flux de poids lourds, qui utilisent parfois le réseau non concédé et gratuit plutôt que les autoroutes payantes.

D'autres territoires en France seraient aussi intéressés par un retour de l'écotaxe comme en Alsace. La collectivité européenne, créée le 1er janvier 2021, a en effet "récupéré les compétences sur les routes et autoroutes non concédées" et réfléchit à mettre en place ce moyen de contrer les flots de camions allemands, qui se détournent de la taxe poids lourds qui existe déjà outre-Rhin.

La loi "climat et résilience", issue de la convention citoyenne pour le climat, devrait reprendre le projet d'écotaxe alsacienne, pour lui donner un cadre national. Les départements et les régions pourraient ensuite construire leur propre fiscalité autour de cette "contribution poids lourds", un terme préféré à celui d'écotaxe pour éviter un retour des "bonnets rouges".

Dans un rapport récent, la Cour des Comptes dressait un bilan assez négatif des différents dispositifs mis en place pour diminuer la pollution automobile en France, revenant notamment sur l'abandon de l'écotaxe qu'elle déplorait. "Les États disposant d’une fiscalité sur l’usage des infrastructures par les poids lourds ont sensiblement accéléré le report de la route vers le rail", soulignait le document.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto