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SNCF: réduction des pertes au 1er semestre, le covid pèse encore

La SNCF a dévoilé mardi une remise à plat de sa gamme tarifaire sur les TGV et Intercités

La SNCF a dévoilé mardi une remise à plat de sa gamme tarifaire sur les TGV et Intercités - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

Le chiffre d'affaires de l'opérateur augmente de 13,5% sur un an à 16 milliards d'euros mais reste en recul de 10% par rapport à la même période de 2019.

La SNCF est restée dans le rouge au premier semestre, impacté par le troisième confinement en France avec une perte nette toutefois divisée par trois par rapport au premier semestre 2020, à 780 millions d'euros, a-t-elle annoncé jeudi.

Le chiffre d'affaires de l'opérateur augmente de 13,5% sur un an à 16 milliards d'euros mais reste en recul de 10% par rapport à la même période de 2019. La marge opérationnelle-EBITDA se redresse à 1,3 milliard d'euros mais reste en retrait par rapport à celle au premier semestre 2019 (-1,6 milliard).

210.000 cartes Avantage vendues depuis juin

"Face à une crise inédite, le Groupe démontre sa capacité de résilience et d'adaptation pour en amortir les effets: ajustement de l’offre de transport, renouvellement de la politique commerciale et mise en œuvre d’un plan d'économies ambitieux depuis mars 2020", peut-on lire dans un communiqué. "Si la dynamique est bonne, le Groupe reste prudent sur ses perspectives de fin d’année, compte tenu des incertitudes sur l’évolution de la crise sanitaire", ajoute la SNCF.

Dans le détail, le transport de voyageurs longue distance a profité de la forte demande de mobilité à la suite de la levée des restrictions à partir de mai: +2% en chiffre d’affaires à fin juin par rapport au 1er semestre 2020.

Le transporteur profite également selon lui de l'évolution de la gamme tarifaire et du "succès confirmé" des ventes de la nouvelle carte Avantage: 210.000 depuis son lancement en juin.

Grandes lignes: un CA de 6,1 milliards d'euros contre 8,7 en 2019

Pour autant, par rapport au premier semestre 2019, le recul est encore très important: 6,17 milliards d'euros de revenus contre 8,73 milliards...

Illustration avec le TGV: sur le semestre, la fréquentation de ces trains est en progression de +9,4% par rapport au 1er semestre 2020 mais reste en retard de -50% par rapport à celui de 2019.

La SNCF a pu également s'appuyer sur la bonne tenue de ses activités logistique (Geodis) et de transport de marchandises qui progressent respectivement sur un an de 21 et 13%.

Tout comme celle de sa filiale Keolis (transports urbains) dont le chiffre d'affaires bondit de 9% sur un an à 3,14 milliards d'euros, soit quasiment son même niveau qu'en 2019 (3,25 milliards).

Relais de Geodis et Keolis

Malgré le contexte, SNCF maintient sa trajectoire d'investissement "pour mener à bien les projets et opérations essentiels, notamment ceux de régénération et de modernisation du réseau ferroviaire national".

Plus de 11,5 milliards d’investissements sont mobilisés au total sur l’année 2021 dont près de 40% financés en propre et plus de 90% réalisés en France et dans le ferroviaire. Sur le premier semestre, 4,7 milliards d'euros ont été dépensés.

"En France, notre stratégie repose sur la reconquête des clients en favorisant le report des modes les plus polluants vers les modes plus vertueux, aussi bien pour les voyageurs que les marchandises. À l’international, les objectifs sont soutenus avec la poursuite de gains de contrats pour Keolis et le développement des activités logistiques pour Geodis. Ces deux sociétés stratégiques sont de véritables relais de croissance et contribuent à la résilience du Groupe", commente Jean-Pierre Farandou, PDG du groupe.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business