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SNCF: la grogne gagne les cadres supérieurs

Le syndicat des cadres supérieurs du groupe ferroviaire va adresser une lettre au Premier Ministre au début de semaine.

Le syndicat des cadres supérieurs du groupe ferroviaire va adresser une lettre au Premier Ministre au début de semaine. - Philippe Huguen - AFP

Le syndicat des cadres supérieurs du groupe ferroviaire va adresser une lettre au Premier Ministre au début de semaine. Ils veulent une clarification sur le devenir de la dette et la disparition du statut de cheminot "qui est un choix politicien et qui ne sert pas l’intérêt de l’entreprise".

Il n'y a pas que les cheminots qui affichent leur mécontentement vis-à-vis du gouvernement. Habitués à rester en retrait, les cadres supérieurs réunis au sein du SNCS demandent des comptes au gouvernement sur la réforme ferroviaire et la manière dont il gère la colère des cheminots. Selon des informations du Parisien, ils vont envoyer une lettre au Premier ministre en début de semaine, faute d'obtenir une réponse de la part de la ministre des Transports.

"Nous attendons depuis presque un mois que Mme Elisabeth Borne réponde à toutes nos interrogations sur la dette, sur le financement des infrastructures où il manque 500 millions d’euros par an, sur l’avenir des lignes TGV déficitaires ou encore sur le 1,7 milliard d’euros qu’il faut trouver pour financer les petites lignes, énumère Jean Wieland, président adjoint du SNCS. Puisqu’elle ne daigne pas nous répondre, nous allons écrire à monsieur Édouard Philippe. Nous ne le ferions pas si la situation n’était pas si grave. En avril, le syndicat avait déjà dénoncé dans une lettre le "jeu pernicieux" du gouvernement pour réformer la SNCF. "Pour des raisons de stratégie politique vous avez fait le choix, avec le Président de la République et le Premier ministre, de livrer à la vindicte populaire les cheminots", avait écrit le syndicat.

Il s'agit de "défendre notre honneur, car le gouvernement touche à notre conscience professionnelle", pointe du doigt Jean Wileand. Car le discours du Premier ministre, prononcé le 26 février, portant sur le projet de réforme ferroviaire ne passe pas. Il y dressait un portrait au vitriol de l'entreprise.

Une méthode jugées trop frontale avec les cheminots

"Ce discours, ça revenait à dire que nous les cadres, nous étions nul, résume l’un d’entre eux auprès du Parisien. Alors qu’en quatre ans, nous avons mouillé la chemise en faisant deux réformes ferroviaires, mais aussi en innovant, avec le TGV low cost Ouigo ou en développant des processus industriels incroyables pour rénover les voies tout en maintenant la circulation".

La dette est un autre sujet de crispation. Un cadre met en cause la responsabilité "des politiques qui ont fait le choix du tout TGV ou d’ouvrir une gare ou de multiplier les fréquences de train alors que ce n’était pas rentable".

Ils sont tous aussi remontés sur la disparition du statut de cheminots, même si cela ne les concerne pas directement. "Le gouvernement en a fait un principe, regrette l’un d’eux. Alors que ce n’est pas le principal problème de rentabilité de la boîte. C’est un choix politicien qui ne sert pas l’intérêt de l’entreprise. Il aurait été plus intelligent de négocier certains points du statut, comme la fin de l’emploi à vie, avec les syndicats réformistes. On aurait sans doute évité une grève".

C.C.