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Transports

Reprise de ITA Airways (ex-Alitalia): la piste Lufthansa se précise avec les chemins de fer italiens

La perspective de voir le consortium composé notamment d'Air France-KLM de reprendre la compagnie aérienne italienne s'éloigne de plus en plus.

Le feuilleton ITA Airways née sur les cendres d'Alitalia se poursuit et il tourne bien en défaite pour Air France-KLM, Delta et le fonds d'investissement américain Certares.

Le quotidien Corriere della Sera confirme ainsi le changement de direction du nouveau gouvernement transalpin qui étudie l'option de vendre la majorité d'ITA à un consortium formé par la compagnie allemande Lufthansa et le groupe public italien des chemins de fer, Ferrovie dello Stato (FS).

Selon le schéma à l'étude, Lufthansa pourrait acquérir 51% d'ITA Airways pour un montant de 250 millions d'euros et FS prendrait 29%, laissant à l'Etat transalpin 20%, détaille le quotidien, citant des sources gouvernementales.

29% pour les trains italiens

Rappelons que l'ancien gouvernement de Mario Draghi avait sélectionné fin août l'offre concurrente du fonds d'investissement américain Certares, associé à Air France-KLM et Delta Air Lines, en vue de l'ouverture de négociations exclusives.

Puis, le nouveau ministre de l'Économie Giancarlo Giorgetti a annoncé fin octobre sa décision de ne pas renouveler l'exclusivité pour les négociations avec Certares, ouvrant la voie au retour de Lufthansa et MSC.

La compagnie allemande dont l'offre avec MSC avait été initialement écartée, a d'ailleurs obtenu l’accès à la salle de données d’ITA Airways, sorte d'étape lors de la formulation d'une offre. Par contre l'armateur suisse MSC avait dans la foulée décidé de jeter l'éponge.

Ces tergiversations n'aident pas la compagnie italienne qui continue à perdre de l'argent et donc de la valeur. Début novembre, l'Etat italien a donné son feu vert à une nouvelle injection de 400 millions d'euros de fonds publics dans la compagnie.

Lufthansa en grande forme

Et Bruxelles avait donné en septembre 2021 son feu vert à une aide publique de 1,35 milliard d'euros, à condition qu'elle finisse par voler à terme de ses propres ailes.

Un temps favori, le modèle proposé par Certares ne faisait plus l'unanimité avec un Air France qui n'investirait pas directement dans le capital d'ITA, se contentant d'être partenaire commercial. Un poids insuffisant pour les opposants à cette proposition.

Air France-KLM a en effet les mains liées par les conditions demandées par la Commission européenne en contrepartie de l'aide publique reçue pour surmonter la crise du Covid-19, l'empêchant de prendre une participation de plus de 10% dans une entreprise du secteur.

De son côté, la Lufthansa a remboursé toutes les aides publiques reçues, affiche une bonne santé financière (bénéfice net au 2e trimestre, une première en deux ans) et a annoncé son intention de recruter 20.000 salariés en Europe, sur fond de forte reprise du trafic aérien et de pénuries de main d'oeuvre dans le secteur.

Olivier Chicheportiche avec AFP