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Renault négocie une entrée au capital de son partenaire iranien

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Logo Renault. - Jacques Demarthon - AFP

Selon le Wall Street Journal, le groupe automobile négocierait une prise de participation minoritaire, voire un rachat d'actifs industriels de son partenaire iranien Pars Khodro.

Les appétits s'aiguisent en Iran. Le groupe automobile français Renault négocie une prise de participation minoritaire, voire un rachat d'actifs industriels de son partenaire iranien Pars Khodro, a affirmé vendredi le Wall Street Journal (WSJ), citant un responsable de cette entreprise d'Etat.

Dans le contexte d'une levée attendue des sanctions économiques contre la République islamique et d'une réouverture du marché automobile iranien aux investisseurs, de nombreux constructeurs de véhicules sont sur les rangs pour reconquérir un marché prometteur.

Selon le directeur général de Pars Khodro, Naser Agamohammadi, cité par le WSJ, Renault est "en discussions" pour acquérir une minorité du capital de l'entreprise. De même source, le groupe français négocie aussi l'achat d'installations comme des usines automobiles de la maison-mère de Pars Khodro, le groupe Saipa. Naser Agamohammadi s'exprimait lors d'une conférence commerciale à Vienne, selon le WSJ.

Sollicitée par l'AFP vendredi, une porte-parole de Renault a dit ne pas avoir de commentaire. Les sanctions infligées à l'Iran ont étranglé la production des véhicules produits sur place sous la marque Renault, dont la "Tondar", version locale de la Dacia Logan montée avec des pièces détachées importées.

Vers la levée des sanctions

De son côté, le concurrent français de Renault, PSA Peugeot Citroën, a quitté l'Iran en 2012 sous la pression des sanctions, mais mène actuellement des "discussions intenses" avec son partenaire historique IranKhodro pour créer une nouvelle coentreprise. Actuellement, IranKhodro produit 350.000 voitures par an sous la marque Peugeot, mais PSA ne les comptabilise pas car elles sont fabriquées selon le "système D" avec des pièces locales et chinoises.

L'Iran et les grandes puissances sont parvenus à finaliser à la mi-juillet à Vienne un accord historique dont l'objectif est de garantir que le programme nucléaire iranien ne peut avoir de débouchés militaires, en échange d'une levée des sanctions internationales. L'accord a été entériné lundi par le Conseil de sécurité des Nations unies, ouvrant la voie à la fin de ces mesures de rétorsion.

Sous l'effet des sanctions, la production automobile iranienne a été divisée par deux, passant de 1,6 million d'unités en 2011 à 800.000 en 2013. Le marché automobile iranien aiguise les appétits des industriels car le taux de motorisation de sa population est six fois inférieur à l'Europe occidentale. Sa classe moyenne est en outre solvable, avide de mobilité et de nouveaux produits, notent des experts.

V.R. avec AFP