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Iran: ces entreprises françaises qui comptent profiter de l'accord

Avec la levée des sanctions progressives qui se profile, l'horizon s'éclaircit pour des entreprises comme Renault ou Engie. Ces dernières comptent ainsi prendre pied sur un marché iranien où la concurrence s'annonce toutefois rude.

Vers une levée de l'embargo Iranien. L'Iran et la communauté internationale ont scellé un accord historique sur le programme nucléaire iranien. Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, considère que cet accord est suffisamment robuste pour durer 10 ans.

Cet accord prévoit ainsi un encadrement des activités atomiques iraniennes en contrepartie d'une levée progressive des sanctions qui brident l'économie du pays depuis plusieurs années.

Cette dernière perspective suscite l'appétit de nombreuses entreprises françaises. Car l'Iran ne manque pas d'atout. Il s'agit aujourd'hui du pays le plus stable au Moyen-Orient et ses 77,8 millions d'habitants sont autant de consommateurs potentiels. Nombre de groupes français sont ainsi dans les starting block pour profiter de la levée des sanctions économiques.

PSA, Engie, Total sur la ligne de départ

Parmi eux, il y a les constructeurs automobiles Renault et PSA, qui avait été obligé de quitter brusquement le pays en 2012. Ce mardi, le directeur Peugeot Afrique de & Moyen-Orient, Jean-Christophe Quémard a indiqué que "l'accord conclu à Vienne" devrait permettre "une avancée significative de nos discussions" pour constituer une coentreprise avec son partenaire historique iranien Iran Khodro et revenir ainsi sur un marché clef.

Le taux d'équipement du pays est actuellement de seulement 100 voitures pour 1.000 habitants. De plus, Flavien Neuvy, le directeur de l'Observatoire Cetelem, estimait dans un entretien à l'AFP en juin, que le marché "pourrait aller chercher deux millions d'unités, pratiquement le niveau de la France".

Outre les constructeurs automobiles, les deux géants tricolores de l'énergie, Total et Engie (ex-GDF Suez) sont intéressés. Les deux groupes qui n'ont jamais totalement rompu les échanges avec Téhéran comptent bien profiter d'une levée des sanctions qui frappent l'un des plus gros producteurs de pétrole au monde.

A ceux qui craignent que la récente visite du chef de l'Etat François Hollande à Riyad, l'ennemi de longue date de Téhéran ne ferme les portes de ce marché aux Français. Les responsables iraniens se veulent rassurants : il faut selon eux savoir faire la différence entre les affaires politiques et les dossiers économiques.

Pour autant le retour des entreprises françaises en Iran ne sera pas une simple formalité. Elles vont devoir affronter de nombreux concurrents. Les industriels allemands, chinois et américains s'activent depuis des mois pour négocier leurs arrivées en Iran au plus vite.

Mathieu Sévin, édité par J.M.