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PSA: les actionnaires minoritaires peuvent-ils bloquer l'augmentation de capital?

PSA devra convaincre deux-tiers des votants en assemblée générale.

PSA devra convaincre deux-tiers des votants en assemblée générale. - -

Le groupe automobile, qui prépare l'arrivée de Dongfeng et de l'Etat français dans son capital, devra obtenir les deux tiers des votes en assemblée générale. Or l'association des actionnaires minoritaires montre des réticences.

Il n'y a pas que Thierry Peugeot qui s'oppose à l'arrivée de Dongfeng et de l'Etat français dans le capital de PSA. Un autre grain de sable pourrait enrayer la mécanique de l'augmentation de capital que le constructeur automobile prépare depuis maintenant plusieurs mois.

Dans les Echos de ce mardi 4 février, Colette Neuville, la présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), affirme, elle aussi, ses réticences face au scénario qui accorderait environ 14% des actions à Dongfeng et à l'Etat français, soit le même niveau que la famille Peugeot.

Elle estime que si ces trois actionnaires soutiennent le même projet d'entreprise, "ils devraient alors être considérés comme agissant de concert " et donc lancer une OPA. "Ou bien ils n’ont pas l’intention de soutenir une stratégie commune [...]. Il y aurait alors tout lieu de s’interroger sur le bien-fondé du schéma capitalistique envisagé qui donnerait le pouvoir – à hauteur de près de la moitié du capital – à trois actionnaires en possible désaccord", poursuit-elle.

Risque de blocage?

En conséquence Colette Neuville, comme d'ailleurs Thierry Peugeot, préconise de réserver l'augmentation de capital au marché, et donc d'éviter le recours à la participation de Dongfeng et de l'Etat français. "Une telle solution éviterait tous les inconvénients de l’autre, tout en étant parfaitement compatible avec le développement nécessaire des relations avec le constructeur chinois", affirme-t-elle.

Par ailleurs, l'Adam s'inquiète d'un éventuel risque de blocage en assemblée générale. PSA doit, en effet, obtenir l'aval de ses actionnaires réunis en AG et obtenir alors au moins deux-tiers des votes exprimés.

Or l'association estime que "la participation importante de l'Etat dans le capital risque d'écarter de la société un certain nombre d'investisseurs, ainsi que de rendre plus difficiles d'autres constructeurs pourtant nécessaires pour que l'entreprise atteigne une taille adéquate".

Néanmoins, les Echos, citant "plusieurs analystes financiers", arguent que ce risque de blocage demeure limité dans la mesure où les actionnaires préfèreraient voir l'entreprise renforcer son partenariat avec Dongfeng, via un lien capitalistique, plutôt que de faire appel uniquement au marché.

J.M.