BFM Business

Pourquoi PSA a préféré sacrifier Aulnay à son usine de Madrid

L'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois va fermer ses portes en 2014.

L'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois va fermer ses portes en 2014. - -

Le rapport sur la situation de PSA a été remis ce mardi matin à Bercy. Le document émet de nombreuses critiques sur la stratégie industrielle adoptée par la direction. Il conteste en particulier la décision de fermer l'usine d'Aulnay.

PSA n'a pas mené de stratégie globale : voilà l’un des reproches formulés par Emmanuel Sartorius, l'expert qui a rédigé le rapport sur le groupe automobile remis, mardi 11 septembre, à Arnaud Montebourg.

Pour faire face aux surcapacités de production, PSA a tranché dans le vif au lieu de mener " une réflexion d’ensemble qui laisserait aujourd’hui davantage d’options pour faire face à sa situation actuelle de surcapacité et à un marché automobile européen très inférieur aux prévisions. "

Selon l'expert nommé par le gouvernement, PSA aurait pu choisir de fermer une autre usine du groupe : celle de Madrid, construite en 1954. Le constructeur français en a hérité de Chrysler. Le rapport la décrit comme " ancienne, de petite capacité, située en ville, ce qui pose des problèmes de logistique, et éloignée de ses fournisseurs."

Des défauts que partage aussi Aulnay-sous-Bois. Lors de sa construction en 1973, l'usine se situait en pleine campagne. Aujourd’hui elle est coincée entre des immeubles, des zones commerciales, et des autoroutes.

Des coûts de productions inférieurs en Espagne

Malgré des handicaps comparables, PSA a pourtant préféré sacrifier Aulnay et conserver Madrid. Car malgré tout, ce site est compétitif. Il bénéficie de coûts de production plus favorables. Le climat social y est aussi moins lourd.

La fermeture du site espagnol semblait de toute façon improbable puisque PSA a décidé, il y a plusieurs mois, de lui confier la fabrication de ses véhicule low-cost destinés aux pays émergents, comme le futur E3.

Le constructeur estime que changer le site de production aurait entrainé des dépenses évaluées à 250 millions d’euros et aurait retardé le lancement du véhicule de 2 ans. De quoi fragiliser davantage la situation du groupe.

BFM Business