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Pourquoi les difficultés s'accumulent sur le RER B

Les incidents ont été particulièrement nombreux sur le RER B en mars.

Les incidents ont été particulièrement nombreux sur le RER B en mars. - Geoffroy Van der Hasselt - AFP

La RATP et la SNCF étaient auditionnés mercredi lors du Conseil du Stif pour s'expliquer sur les nombreux dysfonctionnements intervenus sur le RER B ces dernières semaines. Les travaux du Grand Paris Express sont notamment pointés du doigts et la situation pourrait perdurer.

Trains annulés, incidents techniques, retards sont le quotidien des usagers du RER B. Ces difficultés se sont aggravées ces derniers mois avec un mois de mars catastrophique où seulement 2 trains sur 3 sont arrivés à l'heure par endroit.

Une situation tellement critique que Valérie Pécresse, présidente du Stif et de la région Ile-de-France a auditionné les patrons de la SNCF et de la RATP pour mettre au clair ces problèmes récurrents. La principale raison invoquée est le chantier de la gare d'Arcueil dans le cadre du Grand Paris Express. La construction d'une gare sous les voies entraîne de véritables embouteillages de trains. Leur vitesse est également limitée à 30km/h au lieu de 90km/h sur cet axe. 

"Les trains doivent se succéder à la seconde près pratiquement. Et tout retard de quelques secondes ne peut pas se rattraper, donc on ne peut qu'accumuler du retard tout au long de la journée avec parfois des suppressions de train", explique Philippe Martin, directeur régional adjoint de la RATP. 

A ces difficultés dues aux travaux, les incidents techniques se sont aussi multipliés, à la fois au mois de mars et au début du mois de mai. "On a pratiquement triplé le nombre d'incidents entre mars 2017 et mars 2016: 40 au lieu de 13", poursuit Philippe Martin. 

"Sanctuariser les heures de pointe"

Au début du mois, un conducteur du RER B témoignait du mécontentement qui gronde parmi les voyageurs avec des pratiques qui ne sont pas comprises: suppressions de trains, rames évacuées pour être amenées plus rapidement sur le tronçon central. 

De son côté, Valérie Pécresse met en cause la Société du Grand Paris et souhaite "sanctuariser les heures de pointe dans les futurs travaux".

"Je n'accepterai pas que les travaux futurs du Grand Paris express, qui vont durer 10 ans, qui vont concerner 29 gares en Ile-de-France se traduisent par une pénalisation dramatique du quotidien des voyageurs", souligne Valérie Pécresse. 

Concernant le RER B, les difficultés devraient pour autant se poursuivre. La RATP et la SNCF expliquent qu'il est difficile d'accélérer les travaux de la gare d'Arcueil, qui doivent se terminer au mois de novembre. A la fin du chantier, la circulation sera d'ailleurs totalement coupée entre le 1er le 5 novembre.

Carole Blanchard avec Barthélémy Bolo