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Pourquoi l'Oise compte autant de voitures que d'habitants

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L’Oise, sa préfecture (Beauvais), son wagon de l’armistice, ses hippodromes et…ses loueurs de voitures. Situé à quelques kilomètres de Paris, le département s’est fait une spécialité d’accueillir, grâce à une fiscalité encourageante, les Europcar, Hertz, Avis et consorts. Conséquence: son taux d’immatriculations est le plus élevé de France. Pour 10.000 habitants, on en compte plus de 9.300 depuis 2009, selon les chiffres du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). Si on ajoute, les véhicules immatriculées avant cette date qui porte, eux, encore la mention "60", on peut légitiment affirmer que l'Oise compte sur le papier autant de voitures que d'habitants. Un cas unique en France. Seule une région, en Italie, est dans la même situation en Europe.

Comment expliquer ce phénomène? La réponse est à chercher au début des années 2000, lors de la suppression de la vignette automobile par le gouvernement de l’époque. Une mesure réservée toutefois aux particuliers, les professionnels (dont les sociétés de location) devant continuer de s’acquitter d’une taxe au département.

Proximité avec la capitale

Si la Marne (51) avait joué les précurseurs en menant une politique tarifaire très avantageuse pour ces derniers, attirant ainsi de nombreux loueurs, la Seine-Maritime (76) et l’Oise avaient contre-attaqué en supprimant ladite taxe. Résultat : les sociétés de location ont afflué, avec un avantage pour l’Oise grâce à sa proximité avec la capitale.

En 2006, lorsque cette taxe est également supprimée pour les professionnels, seul le coût du certificat d’immatriculation – perçu, lui, par les régions – permet d’instaurer une "compétition" entre les territoires. A ce jeu-là, la Picardie (qui comprend l’Oise, l’Aisne et la Somme) s’en sort bien. La taxe régionale y coûte 33 euros par cheval fiscal, ce qui en fait la région la plus attractive de France derrière la Corse. Aucune raison, donc, pour les professionnels déjà implantés de déménager, et de ne pas continuer à immatriculer leurs voitures dans une région qui ne devrait pas s’en plaindre.