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"Non au CDG Express": face au préfet, les opposants au projet réclament l’abandon de la ligne

Une réunion publique sur le projet du CDG Express s'est tenue lundi soir à Mitry-Mory, en présence du préfet de région. Dans la salle, riverains et élus ont fait part de leur opposition au projet de ligne rapide entre Roissy et Paris. Ils craignent des répercussions sur les trains du quotidien et notamment sur le RER B.

Le CDG Express continue de susciter de l'inquiétude. Devant une salle de 700 personnes à Mitry-Mory, le préfet de région Michel Cadot a tenté lundi soir de convaincre et de rassurer sur le projet de ligne rapide entre Roissy et Paris. Mais dans la salle, de nombreux habitants et élus étaient venus adresser le même message: "non au CDG Express". 

"Arrêtez de dire qu'il n'y aura pas de retard, parce que le RER B c'est déjà la merde", résume une habitante au micro. 

Craintes pour les transports du quotidien

C'est en effet la principale crainte des riverains. Pour eux, ce projet de liaison directe avec l'aéroport ne se fera qu'au détriment des usagers des trains du quotidien, et en particulier ceux du RER B.

Cette ligne rapide qui doit relier l'aéroport à la gare de l'Est à Paris en 20 minutes pour un ticket à 24 euros, suivra sur une grande partie de son trajet les voies du RER B. Outre les perturbations pendant les travaux, les opposants à la ligne craignent qu'une fois en service et en cas de perturbation, sa circulation soit privilégiée au détriment des autres lignes. 
Le tracé du CDG Express
Le tracé du CDG Express © SNCF Réseau

"Qu'on fasse d'abord les transports du quotidien, des 900.000 personnes qui prennent le RER tous les jours, et qui voyagent dans des conditions épouvantables", argue un habitant. 

La ministre des Transports a confirmé début février la construction du CDG Express. Déjà, les premiers travaux ont commencé à Mitry-Mory, où, outre les perturbations dans les transports, les habitants craignent des nuisances sonores supplémentaires. 

Un projet "qui donne de la compétitivité", selon le préfet

Face à ces arguments, le préfet de région Michel Cadot a répété son attachement à la ligne rapide. 

"J'entends la position un peu de principe hostile, parce que ce n'est pas un projet qui ne dessert pas chacune des gares et qui ne répond pas aux attentes immédiates mais qui est un projet qui donne de la compétitivité et de la capacité à créer de l'emploi à la plateforme aéroportuaire de Roissy et à toute l'agglomération parisienne", souligne le préfet.

Lundi soir, des habitants ont proposé un projet alternatif incluant des bus en site propre pour rallier l'aéroport et un renforcement de la ligne K. Un projet moins cher, plus rapide et sans nuisances selon les opposants, qui espèrent encore l'abandon du CDG Express.

William Helle avec Carole Blanchard