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Municipales: interrogé sur les embouteillages à Paris, Griveaux pointe du doigt les bus de la RATP

Benjamin Griveaux - Image d'illustration

Benjamin Griveaux - Image d'illustration - AFP

Lors d'un meeting avec des Parisiens, Benjamin Griveaux a critiqué l'usage de bus à soufflet dans la capitale, les jugeant trop longs.

En pleine campagne pour les municipales 2020, Benjamin Griveaux, candidat LaREM, multiplie les rencontres avec les Parisiens. Parmi les thèmes qu'il aborde souvent se trouve la question de la voiture et des embouteillages dans la capitale.

Lors d'un de ces meetings, interrogé sur les raisons de cette congestion, le candidat a d'abord listé ses réponses habituelles liant le problème aux travaux ou aux voies sur berge. Mais il a aussi trouvé un autre coupable, plus original: les bus à soufflet mis en circulation par Ile-de-France Mobilité.

Des bus "complètement dingues"

"La question des bouchons n’est pas uniquement liée aux voies sur berges, aux travaux, aux portes de Paris qui sont un cauchemar absolu. Elle n’est pas uniquement liée aux 1500 à 2000 bus de tourisme qui circulent dans la capitale", a-t-il d'abord listé, ironiquement. Puis d'ajouter: "Elle n’est pas non plus liée à ces bus de la région complètement dingues. Ces bus qui sont collés par un accordéon, les bus à soufflet."

Selon le candidat, ces bus en commun mis en circulation sur quelques lignes sont trop longs. "Quand l'un d'eux se retrouve au milieu d’un carrefour ça bloque tout", a-t-il déploré. 

Cette intervention de Benjamin Griveaux, a été filmée et postée sur Twitter provoquant de vives réactions, notamment de la part d'usagers. Une séquence "isolée de son contexte" et malhonnête intellectuellement", selon le candidat, contacté par BFM Paris.

Remplacer les bus à soufflet "dans les rues étroites"

Contacté par BFM Paris, le candidat LaREM assure néanmoins qu'il est hors de question de supprimer ces bus à soufflet. "Pour moi la question des bus à soufflet se pose dans les rues étroites où ils sont difficiles à manœuvrer et gênent la circulation", précise-t-il. "Bien sur que j'y suis favorable sur les grandes avenues."

Actuellement, les bus à soufflet passent à une intervalle de quatre minutes. Benjamin Griveaux propose donc de remettre des bus plus petits et de diminuer les intervalles de passage. 

"Griveaux veut plus de voitures à Paris!"

Face à ses propos, le premier adjoint à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, contacté par BFM Paris, déplore que le candidat LaREM souhaite "plus de voitures dans Paris." "Il en veut aux bus, à la réduction de la voiture... Sa pensée est ancienne, pro-voiture", affirme-t-il.

"Les bus transportent beaucoup plus de monde que la voiture! S'il y a bien un outil qui est utile aux mobilités, c'est le bus", poursuit-il. "Il est totalement à côté des enjeux et de ce que doit être une politique publique de mobilités en ville."

"Beaucoup de place en plus"

Selon Marc Pélissier, président de fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports (FNAUT) les bus à soufflet ne sont en aucun cas responsables d'embouteillages. "Ils peuvent se retrouver au milieu d'un carrefour. Mais ils ne sont pas à l'origine du blocage, ce qui bloque, c'est le non-respect des feux!", assène-t-il. 

"Les bus articulés sont nécessaires. Ils permettent de transporter plus de personnes de façon efficace", explique Marc Pélissier sur notre antenne. "On met entre 90 et 115 personnes dans un bus standard. On en met 133 à 167 dans un bus à soufflet."

Au total, 250 bus de ce type circulent dans la capitale, d'après des données fournies par la FNAUT. Ils sont principalement dédiés aux lignes les plus empruntées. 

Barthélémy Bolo avec Cyrielle Cabot