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Montebourg ne veut pas de "départs contraints" chez EADS

Tom Enders affirme ne pas craindre les réactions politiques au plan de restructuration.

Tom Enders affirme ne pas craindre les réactions politiques au plan de restructuration. - -

La direction du groupe a affirmé, ce mardi 10 décembre, qu'elle s'efforcera de limiter les licenciements qui entrent dans le cadre de la restructuration de sa branche défense et espace. Arnaud Montebourg a demandé au groupe de ne pas procéder à des départs contraints.

Tom Enders ne fléchit pas. Ce mardi 10 décembre, le président exécutif d'EADS a justifié un peu plus la nécessité de restructurer la branche défense et espace de son groupe, qui aboutira à la suppression de 5.800 postes d'ici à 2016.

"Nous devons agir maintenant", a-t-il lancé. Face à la baisse des commandes militaires et la compétition accrue des pays émergents "ne rien faire serait irresponsable et entraînerait une situation beaucoup plus grave pour nos employés et pour la performance du groupe d'ici deux ans", a-t-il averti lors d'une conférence de presse téléphonique.

"Je suis très détendu face aux réactions politiques", a-t-il ajouté. Le numéro un d'EADS a ainsi indirectement répondu à l'Allemagne et la France, deux pays qui détiennent chacun 12% dans le capital d'EADS.

Michel Sapin, le ministre français du travail, avait affirmé sur Europe 1 que le groupe a pour "devoir de mettre en place les dispositifs qui évitent tout licenciement et en France il ne sera pas accepté, car il ne sera pas acceptable, qu'une entreprise comme EADS supprime globalement des emplois".

Arnaud Montebourg ne dit pas l'inverse. Dans un communiqué, le ministre du Redressement productif affirme que "dans la situation profitable de l'entreprise, nul ne devra être contraint à perdre son travail". La CGT d'EADS a elle dénoncé un plan "inadmissible".

"Limiter le plus possible les licenciements"

Le ministère allemand de l'Economie lui a fait écho quelques heures plus tard. Dans une lettre écrite ce mardi 10 décembre, le ministère appelle le groupe à "procéder aux suppressions de postes prévues de manière aussi douce et socialement acceptable que possible". Il rappelle, à toutes fins utiles, qu'EADS bénéficie des aides directes et indirectes de l'Etat allemand.

2.600 suppressions de postes, contrats intérimaires compris, sont prévus en Allemagne, contre 1.700 en France. Tom Enders a néanmoins jugé prématuré d'affirmer quel pays serait le plus affecté au final.

Le directeur des ressources humaines du groupe, Thierry Barril, a lui assuré que "nous faisons de notre mieux pour limiter les licenciements au terme du processus".

Une fois effectués les reclassements internes, le non-renouvellement de 1.300 contrats intérimaires, ainsi que les départs volontaires et les départs en retraites, entre 1.000 et 1.450 postes devront encore être supprimés. Selon les informations de BFMTV, la France serait concernée à hauteur de 300 postes.

EADS va engager des négociations avec ses syndicats, pour parvenir à des réductions de coûts qui éviteraient le plus possible de procéder à des licenciements secs à l'intérieur de cette fourchette.

Julien Marion avec AFP