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Montebourg félicite Nissan de produire "made in France"

Arnaud Montebourg voit dans la décison de Nissan , une inflexion de la politique de délocalisation de Renault

Arnaud Montebourg voit dans la décison de Nissan , une inflexion de la politique de délocalisation de Renault - -

Le partenaire japonais de Renault a annoncé, ce vendredi 26 mars, qu'il va produire sa future génération de Micra dans l'usine de Flins. Pour le ministre, cette décision marque "un point d'inflexion" dans le mouvement de délocalisation de Renault.

Pour Arnaud Montebourg, Nissan "a décidé de devenir un adepte du Made in France". Le ministre du Redressement productif a immédiatement réagi, ce vendredi 26 avril à l'annonce du groupe japonais, qui a affirmé vouloir produire le nouveau modèle de sa Micra dans l'usine française de Renault à Flins (Yvelines).

"Renault a, ces dernières années, accepté des délocalisations. La décision, qui a été prise par Nissan et Renault est une décison qui marque historiquement un point d'inflexion dans le mouvement de délocalisation de Renault", a-t-il ajouté, affirmant que "ce n'est qu'un début".

Relatant ensuite sa visite de la semaine dernière au Design center de Nissan en présence de Carlos Ghosn, à Yokohama au Japon, le ministre a confié s'être entretenu avec des "interlocuteurs de très grande vision économique" qui lui ont certifié que "la France est une base industrielle attractive et compétitive".

La suite des accords de compétitivité

Dans un premier temps, le groupe nippon avait simplement annoncé qu'il allait faire fabriquer la prochaine génération de son modèle compacte Micra en Europe à partir de 2016. Quelques minutes après, Renault, son partenaire, a apporté une précision essentielle: le site choisi est celui de Flins.

Le groupe nippon, dont Renault est le premier actionnaire, a expliqué tabler sur un volume annuel de 82.000 véhicules confiés à cette usine.

"D'autres opportunités pourraient se présenter (avec des partenaires) que nous ne manquerions pas d'étudier", a précisé un porte-parole du groupe à l'AFP.

Comme le souligne Renault, cette décision est à lier à l'accord de compétitivité signé le 13 mars dernier avec les syndicats du groupe. Renault avait alors expliqué que la production de véhicules dans les usines françaises augmenterait, grâce notamment aux partenaires du groupe français. Nissan était, fort logiquement, pressenti.

Arnaud Montebourg avait quelque peu grillé la mèche en janvier, en annonçant que Nissan allait "mettre du travail sur les chaînes de montages françaises du groupe". Renault avait ensuite dû tempérer ces déclarations.

Pour Carlos Ghosn, le PDG de l'alliance Renault- Nissan, "cette annonce est une bonne nouvelle pour l’usine de Flins d’abord, mais aussi pour toutes les usines Renault en France. Les efforts consentis par les salariés dans le cadre de l’accord Renault commencent à porter leurs fruits. Renault est bien sur la trajectoire des engagements pris".

710.000 véhicules produits par an

Dans un communiqué, le constructeur rappelle ensuite les engagements en terme de volumes de production qui figuraient dans l'accord avec les salariés. Soit une augmentation de 180.000 véhicules (100 000 véhicules liés au renouvellement du plan gamme de Renault et à l’effet de marché, et 80.000 véhicules en provenance de partenaires) pour le porter à plus de 710.000 véhicules par an.

Autre mesure prévue dans ces accords: la suspension d'une partie de la rémunération variable de Carlos Ghosn. Ce dernier point devrait être évoqué lors d'une comité centrale d'entreprise la semaine prochaine.

Julien Marion (texte) et Romain Zlatanovic (sujet vidéo)