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Louis Schweitzer: le départ de Carlos Tavares de Renault était "inéluctable"

Louis Schweitzer, président d'honneur de Renault et président de France initiative, était l'invité de BFM Business.

Louis Schweitzer, président d'honneur de Renault et président de France initiative, était l'invité de BFM Business. - -

Le président d'honneur de Renault était l'invité de BFM Business, ce mercredi 4 décembre. Il est notamment revenu sur la retraite chapeau de Philippe Varin, mais aussi sur le passage du numéro deux de la marque au losange chez PSA.

La retraite chapeau de Philippe Varin, à laquelle il a fini par renoncer, a tout de même eu le temps de créer une onde de choc au sein de l’opinion publique. Et remis en cause le principe même de cette forme de rémunération. 

Invité de BFM Business ce mercredi 4 septembre, Louis Schweitzer, le président d’honneur de Renault, n’a pas échappé au sujet. Tout en indiquant que lui-même bénéficiait d’une retraite chapeau, il a livré un avis que beaucoup partagent : "je pense que ce qui choque, c’est la situation actuelle de PSA et les sacrifices qui sont demandés à son personnel" a-t-il déclaré.

"Au fond, lorsqu’un dirigeant part d’une société en bonne santé, le fait qu’il y ait une forme de poursuite de rémunération ne me paraît pas choquant. Mais les mœurs changent : ce qui était considéré comme normal il y a dix ans ne l’est plus aujourd’hui."

"Je trouve que la décision de Philippe Varin, qui renonce à un gros avantage alors qu’il y avait droit juridiquement, est honorable et courageuse", a-t-il poursuivi.

Carlos Tavares, un "excellent directeur opérationnel de Renault"

Louis Schweitzer est également revenu sur le départ de Carlos Tavares, qui va quitter Renault pour rejoindre PSA et ainsi succéder à Philippe Varin. "Son départ était inéluctable après les déclarations qu’il avait faites (ndlr: il avait assuré, en août dernier, vouloir devenir numéro un d'un grand groupe). Je l’ai regretté car c’était un excellent directeur opérationnel de Renault", a commenté l’ex-patron de la marque au losange.

Pour autant, ce "transfert" ne l’inquiète pas plus que ça : "je crois qu’on n’a pas intérêt à avoir un concurrent dirigé par quelqu’un qui n’est pas compétent. Et je pense que tout le monde a envie qu’il y ait deux constructeurs en bonne santé en France."

"Il y a un bruit de fond contre l'impôt en ce moment"

Questionné ensuite sur le ras-le-bol fiscal en France, celui qui est aussi président de France Initiative s’est voulu modéré dans son discours. "Il y a un bruit de fond contre l’impôt en ce moment. Mais est-ce qu’on peut, dans une période difficile, réduire les dépenses de solidarité ?" s’est-t-il interrogé.

Ajoutant: "je ne le pense pas. On doit sûrement pouvoir accroître l’efficacité des services publics, que ce soit ceux de l’Etat ou des collectivités locales. Mais il ne faut pas attendre une baisse de 5 ou 10% des dépenses publiques."

Y. D.